C’est le compagnon idéal des barbecues, que l’on soit un inconditionnel de viande ou un amateur de légumes dorés. Pas de chichi avec lui, le merlot est un vin qui s’apprivoise facilement. A la fois corsé et fruité, il se distingue par ses arômes de cerise, d’épices et ses notes végétales. En Suisse, le Tessin reste le canton qui en produit le plus (74%). Mais des vignerons d’autres régions ont aussi adopté ce cépage, comme le Valais, le canton de Vaud ou celui de Genève.

Pour vous aider à agrémenter vos soirées d’été au coin du grill, nous avons réuni dix bouteilles que nous avons soumises aux papilles affûtées de quatre spécialistes. Parmi elles, des merlots tessinois et romands, mais aussi deux vins italiens. La dégustation a eu lieu à l’aveugle. Tous les vins ont été achetés dans des grandes surfaces à des prix oscillant entre 4.20 fr. et 21 fr. la bouteille.

Deux vins intenses

Résultat: les merlots romands n’ont pas à rougir de la comparaison avec leurs alter ego tessinois et italiens. Trois d’entre eux occupent les premières places de notre podium. Un merlot vaudois et un genevois arrivent en tête et décrochent la même note: 16 sur 20. Les deux sont jugés «intenses» et constituent, selon nos jurés, de bons choix pour accompagner une viande rouge ou un plat relevé.

Acheté 13.20 fr., l’Emblem, de la Cave de la Côte, à Morges (VD), présente un très bon rapport qualité prix. Sa fraîcheur et ses arômes de fruit ont plu à nos dégustateurs. C’est «un vin vif mais très élégant», note Claire Mallet, organisatrice de dégustations et propriétaire du Wine Trotter. Millésime 2022, ce vin est encore jeune et peut se bonifier. «L’acidité et le fruit enrobés par un beau boisé me laissent confiant», ajoute Raphaël Willemin, sommelier chez Chiesa Vins. Même constat pour Léonard Pfister, œnologue chez Obrist SA. Pour lui, ce millésime «mérite de vieillir afin de révéler ses arômes et d’assouplir ses tanins».

Premier ex aequo, le merlot genevois du domaine Les Hutins engrange, lui aussi, les compliments. Claire Mallet y voit un «vin charpenté et moderne, plutôt charmeur au nez» qui «laisse beaucoup de gourmandise et de croquant en bouche». Matteo Murphy, vigneron, caviste et animateur d’ateliers de dégustation, recommande de le carafer avant de le boire ou de le laisser vieillir. Une seconde option également préconisée par Léonard Pfister, qui le juge jeune «mais prometteur».

A l’apéritif ou avec du chocolat

Un autre vin romand, le merlot valaisan L’Orpailleur, obtient la 3e place à égalité avec l’italien il puro merlot. Ce dernier, produit dans la région de Venise, possède une sucrosité qui en fait un bon «merlot d’apéro», estime Mattéo Murphy. Quant à L’Orpailleur, il affiche «une maturité du fruit et des tanins bien marqués». Ce vin «charmeur et flatteur» conviendra, selon lui, autant pour l’apéritif que pour accompagner des grillades, et pourquoi pas avec du chocolat noir.

Quatrième vin romand de notre dégustation, le merlot valaisan Bibacchus n’arrive, en revanche, qu’à la neuvième place. Il a divisé nos jurés et obtenu une note moyenne de 12.3 sur 20. Si son côté fruité a été souligné, son astringence a toutefois déplu.

En fin de classement, le Ticino Merlot de Zanini Vini, acheté 20 fr. chez Globus, a été jugé sévèrement par nos quatre dégustateurs qui y ont notamment décelé une oxydation. Avec une note générale de 10.1 sur 20, il est considéré comme tout juste «satisfaisant» selon notre échelle de notation. Lors de nos dégustations, une deuxième bouteille de chaque vin est toujours à disposition. La seconde bouteille de ce merlot a suscité les mêmes critiques. Sans toutefois que nos jurés puissent déterminer l’origine du problème: fabrication, stockage, millésime? A noter que ce merlot est le seul vin de notre dégustation issu de la récolte 2021, une année marquée par une météo plutôt défavorable pour la vigne. Interpellée, l’enseigne Globus n’a pas répondu à nos sollicitations.