Les producteurs suisses de pommes de terre ont traversé une saison particulièrement difficile en 2024. La raison? Le mildiou, une maladie fongique favorisée par le froid et l’humidité, qui a particulièrement touché les cultures issues de l’agriculture biologique. Selon Bio Suisse, la récolte a été réduite de moitié par rapport aux années précédentes. Conséquence: les pommes de terre bio suisses se font rares dans les rayons.

Pour son test, Bon à Savoir a acheté 15 sacs de patates chez des grands distributeurs. Les 6 produits bio trouvés en magasin provenaient tous des pays limitrophes (Allemagne, Autriche, France et Italie). Les neuf paquets restants étaient quant à eux issus de l’agriculture conventionnelle suisse.

Le bio suisse, aussi gage de qualité

Bonne nouvelle, le laboratoire alimentaire mandaté n’a trouvé aucune trace de pesticides dans les pommes de terre bio importées. En octobre dernier, Bon à Savoir avait déjà fait analyser 15 sacs de pommes de terre. A l’époque, les 5 produits bio de Suisse étaient également exempts de pesticides (lire «Pas de pesticides dans les patates bio» sur bonasavoir.ch). Les pommes de terre issues de l’agriculture biologique sont donc dignes de confiance, quelle que soit leur provenance. 

Généralement moins chères, les patates conventionnelles ont plus de risques d’être contaminées par des produits chimiques. Cette année, 4 articles sur 9 contenaient des résidus de pesticides. Les experts ont notamment trouvé du propamocarbe (dans les pommes de terre fermes M-Budget et Amandine vendues chez Migros) et du fluxapyroxade (dans les pommes de terre fermes Nature Suisse de chez Aldi). Utilisé pour tuer les champignons, le propamocarbe peut perturber le système hormonal et affecter le développement, notamment chez les enfants. Le fluxapyroxade appartient quant à lui au groupe des PFAS, qu’on appelle souvent «polluants éternels». Ce fongicide est considéré nocif pour le foie et est suspecté d’être cancérigène.

Valeurs légales respectées

Le laboratoire a en outre trouvé des traces de 1,4-diméthylnaphtalène dans les pommes de terre farineuses Fresca de Migros. Ce composé est censé empêcher les pommes de terre de germer pendant le stockage. Selon la base de données européenne sur les produits chimiques, cette substance est extrêmement toxique à long terme pour les organismes
aquatiques.

Contactés, les fabricants dont les pommes de terre contenaient des pesticides considèrent que les teneurs mesurées ne sont pas problématiques et renvoient aux valeurs limites légales. Aucun produit ne les a dépassées.

Andreas Schildknecht / kg