Plus de 40%. C’est l’augmentation à laquelle ont été confrontés les usagers du parking P+Rail CFF de Saint-Maurice pour 24 heures de stationnement, comme l’a récemment remarqué une lectrice. Passé de 7 fr. à 10 fr., le nouveau prix provoque la colère de cette pendulaire, qui combine voiture et train au quotidien.

Pour les CFF, cette hausse «reflète les investissements nécessaires à l’entretien et à l’exploitation de l’installation». Les tarifs seraient aussi ajustés aux «prix locaux», afin d’éviter un usage abusif par des automobilistes qui ne prennent pas le train. 

Jusqu’à six fois plus cher

Le système P+Rail est un réseau de parkings situés à proximité immédiate des gares, dont une large part est exploitée par les CFF. Principaux clients, les usagers du rail peuvent acheter des tickets à l’heure, à la journée, ou alors opter pour des abonnements mensuels ou annuels. Les automates traditionnels sont progressivement supprimés au profit d’un paiement par l’application dédiée des CFF, ou via un code QR. L’achat d’un droit de stationnement se fait en principe à l’avance via l’application mais il n’assure pas la disponibilité d’une case (lire «Aucune garantie d’avoir une place de stationnement»). Le dispositif P+Rail offre une couverture nationale, avec plus de 600 parkings disséminés sur tout le territoire. Mais les tarifs varient fortement d’un site à l’autre, selon les données disponibles début mars sur la plateforme opentransportdata.swiss.

En Suisse romande, le forfait journalier va de 3 fr. à Rosé (FR) – unique tarif aussi bas – à 20 fr. à Fribourg ancienne gare, soit presque sept fois plus! Entre ces extrêmes, il faut par exemple débourser 6 fr. à Delémont, 8 fr. à La Chaux-de-Fonds ou encore 10 fr. à Yverdon-les-Bains. «Les tarifs doivent couvrir les coûts spécifiques au site (vidéosurveillance, éclairage). Ces frais étant plus élevés en centre-ville, les prix divergent», justifie le porte-parole des CFF Jean-Philippe Schmidt. Il précise que les installations P+Rail ne font pas partie du service public subventionné.

Une application à portée limitée

Au‑delà des écarts de prix, l’application mobile P+Rail montre aussi ses limites. Sur la carte de la Suisse qui s’affiche, certains parkings restent inaccessibles et présentent un message d’erreur peu clair: «Il n’est momentanément pas possible de réserver cette place de stationnement dans l’application P+Rail». Les CFF reconnaissent une formulation qui «peut prêter à confusion lorsqu’une installation existe mais n’est pas réservable numériquement».

Car certains parkings n’appartiennent pas directement aux CFF, bien qu’ils fassent partie de l’écosystème P+Rail. Dans ces cas, «la gestion et la tarification sont responsabilité du propriétaire», note Jean-Philippe Schmidt. Parmi eux figurent des parkings de gares importantes, comme Morges et Neuchâtel. Là encore, les conditions varient d’un site à l’autre. Le paiement se fait généralement sur place. Selon les sites, il peut aussi être nécessaire de faire valider son ticket au guichet CFF afin de profiter d’un tarif avantageux.

Conseil: Pour payer moins cher, la comparaison reste essentielle. Vérifier les prix à proximité de son parking habituel, sur l’application P+Rail, et envisager un autre emplacement peut valoir la peine sur le long terme. Lorsqu’un parking est exploité par un autre propriétaire que les CFF, se renseigner en ligne sur les tarifs ou, si nécessaire, se rendre sur place pour connaître le prix exact.