Les applications de stationnement bien conçues simplifient la vie des conducteurs. Elles permettent de localiser les places de parc, de régler le stationnement à la minute près, et de payer depuis son smartphone sans avoir besoin de monnaie.

L’utilisateur peut prolonger le temps initial à distance, dans les limites maximales autorisées, ou l’écourter en ne s’acquittant que du temps de stationnement effectif. Des notifications avertissent que la durée payée arrive à échéance, afin d’éviter une
contravention.

Le coût varie selon l’application

Ces outils très pratiques n’ont pas que des avantages. Nous l’avons constaté en comparant sept application utilisées en Suisse romande. A commencer par le fait qu’elles peuvent entraîner des frais non
négligeables.

Des frais d’utilisation s’ajoutent au prix du stationnement et varient d’une appli à l’autre. Le plus souvent, ils prennent la forme de frais de service proportionnels au prix du parking. S’y ajoutent, parfois, des prélèvements fixes. Certaines options sont payantes: l’envoi d’un SMS prévenant de l’échéance du stationnement coûte 20 à 25 ct. La reconnaissance automatique des plaques (LAPI) dans certains parkings est aussi
facturée.

Exemple: à Lausanne, cinq applications permettent de payer son stationnement. Elles appliquent toutes des frais de service proportionnels. Se garer, boulevard de Grancy, pendant deux heures coûte:

  •  5 fr. à l’horodateur
  • 5.24 fr. (+4.85%) avec Twint Parking
  • 5.20 fr. (+4%) avec PayByPhone, PrestoPark ou TCS Park & Pay
  • 5.10 fr. (+2%) avec AllPark

Allpark est donc l’application la plus avantageuse. Contrairement à ses concurrentes, elle ne propose toutefois pas de carte interactive. De plus, à l’exception de Genève, elle ne précise pas les frais de service perçus dans le montant à payer. Une lacune qui sera comblée avec une mise à jour, assure Christian Multone, patron de la société.

Frais fixes et options

Certaines applications augmentent encore le prix en ajoutant des frais fixes: Parkingpay, par exemple, demande 25 ct. pour chaque transaction de stationnement, sauf si l’on alimente son compte par un prépaiement d’au moins 20 fr.

Exemple: à Yverdon (VD), deux heures nous ont coûté:

  •  3.60 fr. à l’horodateur
  • 4.02 fr. (+11,7%) avec Parkingpay, qui a facturé 17 ct. pour l’«usage appli» et 25 ct. pour le «paiement individuel»

Des options, comme les notifications avant échéance, peuvent encore augmenter le coût effectif. L’alerte coûte 20 à 25 ct. si elle est envoyée par SMS. Plusieurs prestataires offrent toutefois un avertissement gratuit via leur application (voir tableau).

Des villes assument les frais

Les frais varient d’une application à l’autre, mais aussi selon le lieu d’utilisation pour le même produit. Il n’existe pas d’application de stationnement universelle en Suisse. Chaque commune choisit de proposer cette option ou non et décide des solutions mobiles qui fonctionneront sur ses parkings.

Certaines municipalités pren-nent à leur charge tout ou partie des frais liés à l’utilisation des applications. C’est le cas, par exemple, à Bienne, Delémont ou Sion, selon les déclarations de ces villes. Cela signifie que, dans certaines communes, l’usager paye le même prix en choisissant l’application ou l’horodateur. Dans les faits, il y a parfois de mauvaises surprises. A Bienne, l’utilisation de ParkingPay génère un surcoût de 25 ct., pour le «paiement individuel». En utilisant Easypark à Sion, nous avons constaté qu’elle nous demandait 1.89 fr. pour un stationnement de 1.50 fr. Explication de l’entreprise: «Nous facturons entre 0 et 15% de frais, avec un minimum de 39 centimes, sauf si la ville subventionne entièrement les frais.» Ce socle représente ici un surcoût important
de 26%.

Easypark propose toutefois un abonnement à 4.55 fr. par mois, qui supprime les frais de service à l’exception des options. C’est le seul prestataire de notre tableau à proposer une telle formule.

Un montant total difficile à calculer

Dans la majorité des capitales romandes, soit Genève, Lausanne, Neuchâtel et Fribourg, les frais de service sont supportés par les utilisateurs des applications. Ces villes ont toutefois fixé des limites. Certaines d’entre elles ont interdit la perception de frais fixes. Genève et Fribourg précisent que les frais de service ne peuvent pas dépasser 5% de la taxe de stationnement.

Pour l’utilisateur qui se déplace beaucoup, connaître le surcoût global engendré par les applications peut donc s’avérer très compliqué, puisqu’il varie selon le prestataire et le lieu. A Lausanne, les frais de service de Paybyphone s’élèvent 4%, mais ils sont de 5% à Genève, Fribourg et à Neuchâtel, il n’est pas possible d’utiliser cette application.

Des couvertures très disparates

Notre tableau montre que le nombre de communes couvertes diffère considérablement d’un logiciel à l’autre. Allpark fonctionne dans une soixantaine de municipalités romandes, essentiellement dans l’arc lémanique, le Chablais et Fribourg. Parkingpay, TCS Park & Pay et Twint Parking nous ont écrit être disponibles dans plus de 1000 localités suisses (voir tableau). Twint affirme que la fonction de stationnement intégrée à son application est opérationnelle «dans presque tous les parkings publics, sauf la Ville de Bâle». Easypark, Paybyphone et Prestopark peuvent être utilisées dans certains pays étrangers. Sur ce point, Easypark se distingue nettement par sa présence dans plus de 20 pays.

Si vous estimez que les applications de stationnement sont vraiment pratiques, il peut valoir la peine d’en télécharger plusieurs sur votre portable. Sinon, les horodateurs demeurent un bon moyen de se débarrasser de la petite monnaie qui traîne chez soi.