Restez un consommateur averti et profitez de nos avantages abonnés
Pourquoi pas
Non merci
Panier
x
Le panier est vide

Edito: Consentement: cliquez sur «J’accepte»

Libre et éclairé. Difficile de faire plus clair. Pourtant, ce droit que nous avons, en tant que patient, au consentement libre et éclairé, n’a rien d’une évidence. Non seulement parce qu’il implique l’absence de pression ou de contrainte, donc le choix, mais encore parce qu’il exige de comprendre précisément les enjeux d’un soin ou d’un traitement. Les risques comme les bénéfices.

Avant d’en arriver au consentement, il est dès lors nécessaire d’évoquer la décision médicale partagée, entre le soignant et le soigné. Mais comment établir un dialogue équilibré lorsqu’il s’agit de notre santé, et au surplus dans une terminologie qui nous est le plus souvent étrangère? En tant que malade, donner ce consentement équivaut bien souvent à cliquer à l’aveugle sur «j’accepte», comme on le ferait sur un site internet pour passer à la page suivante.

Pour faire de ce concept une réalité, les écueils sont encore trop nombreux. La durée des consultations ne permet pas un échange profond. Sans ce dialogue, les alternatives aux traitements comme les souhaits des patients ne peuvent être qu’effleurés. Ne reste donc que la confiance, non pas spontanée, mais arrachée par la situation (lire ici).

Cet état de fait entraîne un second problème de même nature: le consentement économique. Car plus insaisissable encore que les enjeux thérapeutiques, l’aspect financier n’est que trop rarement abordé. Le praticien a pourtant le devoir d’informer son patient des coûts que les soins ou les examens prescrits vont engendrer. Sachant que près de 30% de la population a opté pour une franchise de l’assurance maladie de 2500 francs, les conséquences ne sont pas anodines (lire ici).

Aborder ces questions avec son médecin s’avère donc indispensable, aussi bien pour sa santé physique que financière.

Comme on le dit cyniquement des conditions générales abusivement touffues d’un contrat, «soit on les lit, soit on les accepte». Il serait grave qu’un consentement libre et éclairé concernant notre santé réponde à la même logique.

Pierre-Yves Muller
Rédacteur en chef