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Manger trop et trop gras oui, mais en conscience

PLAISIRS DE LA TABLE Avec l’automne pointent les traditionnels grands rendez-vous de la bonne chère: Bénichon, Foire du Valais ou autres Saint-Martin. Avec, pour beaucoup, l’assurance de manger trop et trop gras. Quel signal ces excès envoient-ils au corps? Et comment les gérer?

Se goinfrer de gras, c’est d’abord ne pas respecter le mécanisme de régulation alimentaire très abouti de notre corps, rappelle Sylvie Chenaux-Boisselet, diététicienne diplômée de Morges. On ne fait plus attention aux signaux de faim et de satiété, liés de très près à la satisfaction et au plaisir: la satisfaction augmente et le plaisir de manger diminue à mesure que l’estomac se remplit. Quand on se goinfre à la Bénichon, c’est la plupart du temps pour des raisons sociales ou pour continuer à faire la fête – souvent avec, en plus, des excès d’alcool à la clé. Et plus du tout pour se rassasier.

Est-ce grave? Absolument pas, rassure Mme Chenaux-Boisselet. L’important: avoir conscience de ces excès ponctuels. Ils ont même leur utilité dans la vie: on fait certes un peu de mal à son corps, mais souvent du bien au moral. Il vaut donc mieux se lâcher, ne pas être dans le contrôle ou la culpabilité, tout en connaissant bien ses limites. Là où certaines personnes seraient capables de digérer des cailloux, d’autres ont facilement des maux d’estomac ou pertes d’énergie. Question de personnalité aussi: on peut préférer fêter trois d’affilée fois la Saint-Martin en se ménageant quelque peu, ou ne la vivre qu’une seule fois et à fond. Et pour en profiter en limitant les effets néfastes, on dégustera tous les plats en veillant aux quantités totales ingérées.

En cas d’excès répétés, le corps se manifestera. Alors, après cette période très faste, on passera assez naturellement à une alimentation plus mesurée et variée. Quant aux personnes décidées à se remplir la panse régulièrement et sans aucune limite durant ces fêtes populaires, foie et vésicule biliaire peuvent en prendre un coup – surtout si les mauvaises habitudes s’installent. Avec, outre la prise de poids, des risques croissants de maladies cardiovasculaires. Mais ce sont des cas extrêmes. Inutile de bouder les plaisirs de la table si l’on mange avec un minimum de conscience, affirme la diététicienne.

Gilles D’Andrès