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Edito: Combien de temps encore?

C’est un sujet sur lequel nous devons, hélas, revenir trop souvent depuis les débuts de Bon à Savoir: la présence de polluants nocifs dans les biens de consommation les plus courants, tout comme dans notre environnement.

Au-delà des tests que nous menons régulièrement sur l’alimentation, nous avons également montré, à plusieurs reprises, que nous étions tous contaminés par des pesticides, des plastifiants et autres conservateurs. Il y a deux ans, notre analyse des cheveux de 20 personnes à travers toute la Suisse avait révélé la présence chronique de 8 à 28 polluants chez les participants, dont certains produits très toxiques, comme le DNOC, un pesticide pourtant interdits depuis plus de vingt ans dans notre pays.

L’année dernière, notre étude sur 30 personnes, âgées de 3 à 74 ans, montrait que, même en consommant essentiellement des aliments biologiques, notre niveau de contamination aux produits phytosanitaires restait élevé. Cinq substances nocives avaient été retrouvées dans les urines de la personne la moins exposée. Parmi les produits incriminés se trouvaient plusieurs perturbateurs endocriniens, soupçonnés d’altérer notre système hormonal, aussi bien la croissance ou la reproduction que le développement, tout particulièrement chez les plus jeunes.

Pour ce numéro, nous avons donc sélectionné des enfants de 3 à 15 ans dans toute la Suisse romande, afin d’évaluer dans quelle mesure ils étaient touchés par ces substances chimiques. 33 échantillons d’urine ont été envoyés à un laboratoire, dont la mission était de cibler les perturbateurs endocriniens, en particulier les phtalates, les bisphénols, les parabènes et les pesticides.

Les résultats (lire page 6) sont une fois encore édifiants. Tous les participants, sans exception, avaient été exposés à chacune de ces substances dans les six à douze heures précédant les prélèvements.

Si les doses relevées sont parfois faibles, la simple présence de ces molécules n’en est pas moins préoccupante, car contrairement aux produits toxiques classiques, les perturbateurs endocriniens montrent parfois un effet toxique inversement proportionnel à leur concentration. Autrement dit, les conséquences peuvent être importantes aux plus petites doses observables.

Difficile donc d’entendre cette petite phrase mille fois resservie et censée nous rassurer, qui nous promet que «les doses admissibles ne sont pas dépassées».

En l’espèce, l’argument, lui, est dépassé.

Pierre-Yves Muller
Rédacteur en chef