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Les assurés trinquent, les chefs encaissent

Diriger une assurance maladie, ça paie plutôt bien. Un constat d’autant plus amer que les primes ne cessent d’augmenter, mettant de nombreux ménages dans l’embarras.

En Suisse, l’affiliation à une assurance maladie est obligatoire. Indispensable pour faire face aux pépins, elle coûte très cher au quotidien. Les caisses maladie font-elles leur possible pour limiter les dégâts, en commençant par leur budget de fonctionnement? Nous avons cherché à connaître les salaires de leurs dirigeants.

Sur les quelque 60 caisses maladie recensées en Suisse, nous nous sommes concentrés sur les cinq plus grandes et les cinq plus petites. Surprise: les principaux acteurs du système de santé sont nettement mieux payés que nos conseillers fédéraux, dont le salaire est grosso modo de 475 000 fr.

Ruedi Bodenmann, directeur d’Assura, touche ainsi 780 690 fr. par an. Il est suivi de Philomena Colatrella, directrice de la CSS, avec 743 766 fr. Daniel Schmutz (Helsana) perçoit 686 500 fr., Reto Dahinden (Swica) 620 194 fr. et Nikolai Ditti (Concordia) 478 617 fr. Les autres membres de direction de la CSS, de Swica et de Helsana n’ont pas à se plaindre non plus: leurs salaires dépassent largement 400 000 fr.

Plus petits moins gourmands

Les assureurs de taille modeste se montrent nettement plus mesurés. La Caisse maladie de Sumiswald, qui est la plus petite de Suisse avec 22 620 assurés, octroie ainsi 115 000 fr. à son directeur. Détail de taille: cette compagnie renonce à toute forme de marketing téléphonique.

Assura justifie le revenu de Ruedi Bodenmann en faisant valoir que seule la moitié provient des revenus de l’assurance de base obligatoire, le reste provenant des polices complémentaires et facultatives.

Nous avons répété l’exercice pour l’assurance accidents, obligatoire également pour les employeurs. Impossible, dans ce domaine, de connaître les salaires des dirigeants de sociétés telles que Zurich, Axa ou Allianz. Seule la SUVA, qui est en mains publiques, est transparente à ce sujet. Son directeur, Felix Weber, touche la somme coquette de 735 000 fr.

Marco Diener / chr