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Edito: ne pas s’endormir sur ses certitudes

Les chiffres de l’Observatoire suisse de la santé varient peu depuis des années: plus d’un Suisse sur trois souffre de troubles du sommeil (insomnie, difficulté à s’endormir, réveils nocturnes ou précoces). C’est d’ailleurs l’une des causes principales de consultation. Pas étonnant donc qu’au dernier pointage du monitorage suisse des addictions, 7,4% des personnes de plus de quinze ans interrogées déclarent avoir pris un somnifère ou un tranquillisant durant les trente derniers jours. Avec 9,5%, les femmes sont presque deux fois plus nombreuses que les hommes (5,3%). Des chiffres qui augmentent fortement avec l’âge, jusqu’à 18,4% pour les 75 ans et plus.

Si le manque de sommeil peut présenter des conséquences aussi bien physiques que psychiques, l’usage de somnifères à long terme – outre le fait qu’il ne résout pas le problème – implique un important potentiel addictif et des effets non désirables variés comme des troubles de la mémoire, de l’attention ou de la coordination.

Il est certes tentant de prendre un médicament dont l’effet est quasi immédiat plutôt que d’explorer des pistes qui demandent un plus gros engagement. Les bénéfices à long terme sont pourtant évidents.
Il existe depuis les années 2000 une méthode sans effets secondaires et remboursée par les caisses maladie, qui fait petit à petit son chemin et surtout ses preuves: la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) contre les troubles du sommeil (lire page 6). Son principe est simple: changer son comportement plutôt que d’assommer son esprit à coup de somnifères. Ce qui n’implique évidemment pas qu’on souffre de troubles psychiques mais simplement qu’on a besoin de corriger un mauvais pli.

La TCC, une fois d’éventuelles causes physiques éliminées (apnées du sommeil, maladies…), permet dans 80% des cas de reprendre confiance en sa capacité à dormir. Car vaincre l’insomnie ne signifie pas supprimer les réveils nocturnes, mais savoir les gérer et rétablir l’alternance entre sommeil et éveil.

Et si notre société porte aux nues les petits dormeurs, on ne connaît pas de contre-indication à une bonne nuit de sommeil…