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La galère des quinquas sans emploi

Chômage après 50 ans Les chances de retrouver du travail s’amenuisent avec l’âge. On n’anticipera toutefois pas sur sa retraite sans avoir exploré d’autres possibilités.

Dans un parcours professionnel, un passage par la case chômage n’est pas dramatique. Mais, passé le cap de la cinquantaine, l’interruption risque de durer. Pour gérer cette étape, mieux vaut connaître les règles de l’assurance chômage ainsi que de la prévoyance.

⇨ Les indemnités

A partir de 55 ans, le droit aux indemnités journalières passe de 400 à 520, ce qui correspond à une couverture de deux ans. Et, s’il est licencié au cours des quatre années qui précèdent la retraite (60 ans pour les femmes et 61 ans pour les hommes), l’assuré sans emploi aura encore droit à 120 indemnités supplémentaires, soit 24 semaines de plus (lire «La bouée du chômage» sur bonasavoir.ch).

⇨ La retraite avant l’heure

En mars 2018, plus du quart des bénéficiaires de l’assurance chômage avaient plus de 50 ans. Et, si certains ont repris pied dans le monde du travail, tous n’ont pas eu cette chance.

Depuis 2010, le nombre des bénéficiaires de l’aide sociale âgés de 55 ans et davantage a ainsi augmenté de plus de la moitié. Pas étonnant dès lors que, pour sortir de l’ornière, on songe à anticiper sa retraite, à moins d’habiter dans le canton de Vaud et de remplir certaines conditions (lire encadré).

⇨ Anticiper l’AVS

On peut toucher la rente AVS deux ans avant l’âge légal de la retraite: 62 ans pour les femmes et 63 ans pour les hommes. Attention toutefois: cette option ampute définitivement la rente de vieillesse de 6,8% par année d’anticipation (13,6% pour deux ans). Idem pour les rentes de survivants à venir. Les rentiers qui se trouvent dans une situation économique précaire ont toutefois droit aux prestations complémentaires: pour les plus démunis, l’anticipation n’est finalement pas une si mauvaise solution.

⇨ Retirer le 2e pilier

Quand un assuré perd son emploi, la caisse de pension transfère son capital de prévoyance à la Fondation institution supplétive, à moins qu’il n’ait choisi un compte de libre passage (lire «Quand la caisse coupe le cordon» sur
bonasavoir.ch). En 1985, date de l’entrée en vigueur de la loi sur la prévoyance professionnelle, personne n’imaginait, en effet, que cette situation pourrait durer!

Si on ne retrouve pas de travail, on peut retirer cette épargne à partir de 60 ans. Attention: il ne faut jamais y toucher tant qu’on a droit aux indemnités de chômage, car elles seront diminuées, voire supprimées! Et, même si on est en fin droit, la Conférence suisse des institutions d’action sociale (Csias) déconseille de retirer son 2e ou son 3e pilier avant l’âge de 63 ans. Ces bas de laine visent effectivement à garantir un niveau décent en complément aux prestations de l’AVS, et non à combler les lacunes des assurances sociales avant la retraite. Mieux vaut donc faire valoir son droit à l’aide sociale.

«Même si on est en fin droit, on restera enregistré auprès d’un Office régional de placement pour profiter d’un conseil professionnel», souligne encore Corinne Hutmacher-Perret de la Csias.

Pour remédier à ces situations dramatiques, cette dernière propose d’octroyer aux demandeurs d’emploi âgés de 55 ans des indemnités sur le modèle des prestations complémentaires, et ce, jusqu’à l’âge de la retraite. «Les bénéficiaires resteraient inscrits au chômage, avec l’obligation de poursuivre leurs recherches. Et des mesures spécifiques encourageraient les employeurs à les engager.» Ces revendications sont toutefois encore au conditionnel.

Claire Houriet Rime