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Assurances dentaires: trop de restrictions

Faute d’assurance dentaire obligatoire, les consommateurs qui désirent être couverts doivent se tourner vers les complémentaires. Mais les nombreuses limitations rendent ce genre de couverture peu intéressant pour les adultes.

Les Vaudois ont refusé ce week-end la création d’une assurance dentaire obligatoire par 57,57% des votants. En attendant de voir ce qui se passera dans les cantons de Genève, Neuchâtel, Valais et Tessin où des textes similaires ont été déposés, il n’existe pas, pour l’heure, de protection de base en Suisse. Les consommateurs qui souhaitent être couverts doivent donc lorgner du côté des complémentaires dentaires proposées par les compagnies d’assurance.  Mais que valent-elles vraiment?

Tant la Fédération suisse des patients que la Société suisse des médecins dentistes (SSO) mettent en garde contre les dispositions très restrictives de ce genre de couverture pour les adultes: «Les primes sont certes bon marché, mais les prestations sont très restreintes. Il vaut mieux se brosser soigneusement les dents  et mettre un peu d’argent de côté», nous avait confié la SSO l’an passé (lire encadré).

 Certaines dents exclues

Dans les faits, l’assureur peut tout simplement refuser votre demande d’admission sans justifier sa décision comme la loi (LCA) l’y autorise. En règle générale, un bilan dentaire du médecin-dentiste est exigé et sert de base à la décision. Et les critères sont sévères. Avoir un pont, une prothèse ou une couronne suffit souvent pour essuyer un refus. L’assureur peut aussi accepter un client tout en fixant des réserves. Le contrat exclut alors certains traitements, voir même toute intervention, sur une ou plusieurs dents dûment désignées.

Et ce n’est pas tout. Les compagnies fixent des âges d’admission maximaux à 70, 60 ou même 50 ans, et imposent des délais de carence de six mois à deux ans! Durant cette période, certaines interventions ne sont tout simplement pas prises en charge.

En résumé, seuls les clients n’ayant pas de gros soucis avec leurs dents sont acceptés. Or, seuls les mauvais risques pourraient en fait tirer un vrai bénéfice d’une telle couverture. Une étude réalisée en 2014 par le magazine Ktipp a montré que les frais annuels de dentiste doivent atteindre entre 500 fr. et 2000 fr. selon les assureurs pour compenser le coût des primes. Et rien ne garantit que ces derniers accepteront de payer un tel montant plusieurs années sans résilier votre police.

 Sébastien Sautebin