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Des enfants sous pression

podomètres connectés Ceux destinés aux enfants entre 4 et 10 ans arrivent sur le marché. Est-ce bien raisonnable? Un tour d’horizon avec quelques experts.

La plupart des podomètres, souvent disponibles sous la forme d’un bracelet intelligent, ne se contentent pas de compter le nombre de pas réalisés chaque jour. Ils mesurent également le pouls, la qualité du sommeil et le nombre de calories dépensées. Les résultats sont visibles et analysés soit avec une application mobile, soit sur Internet. Mais ce qui peut être utile pour un adulte l’est-il vraiment aussi pour des enfants?

Prenons l’exemple du modèle «Vivofit Junior», commercialisé par Garmin. Selon la publicité, il devrait aider les enfants à «vivre des aventures amusantes et se fixer des objectifs sportifs». Les parents peuvent d’ailleurs programmer les objectifs, ainsi qu’une récompense lorsqu’ils sont atteints. Adidas et Leapfrog proposent également ce genre de solution.

«Bouger devrait rester un choix libre»

Les experts sportifs que nous avons consultés voient ces outils d’un œil sceptique. Fritz Bebie, moniteur de fitness, estime que «les enfants sont naturellement enclins à bouger et n’ont donc pas besoin d’un tracker à cet effet». Avant d’en arriver à devoir mesurer leurs performances, ils devraient plutôt commencer par se rendre à l’école à pied et jouer dehors pendant leur temps libre: «C’est tout à fait suffisant comme activité physique.»

Matthias Ludwig, scientifique à la Clinique du Sport de Zurich, ne voit également aucun avantage à ce genre d’appareil pour les enfants. Selon lui, il est même discutable de soumettre de jeunes enfants à une pression psychologique liée à des performances. De plus, il voit d’un mauvais œil l’usage de récompenses: «Bouger devrait rester un choix libre.» Il recommande aux parents – plutôt que d’offrir ce genre de bracelet – d’organiser des sorties en famille, comme des balades en forêt ou des tours à vélo.

Andreas Lanz, moniteur de fitness, est plus critique encore: «Si les enfants font une fixation uniquement sur la valeur des performances, ils en oublient de ressentir par eux-mêmes de quelles activités ils ont réellement besoin et à quelles doses, en fonction de leur état physique et psychologique.»

La société Garmin, en réponse à ces critiques, affirme que «Vivofit Junior» n’a pas pour but de forcer les enfants à se soumettre à de hautes performances sportives, mais juste de leur donner envie et du plaisir à s’adonner à un style de vie plus actif.

Andreas Gossweiler / chp