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Des pommes OGM au supermarché

Les premières pommes génétiquement modifiées pour ne pas brunir une fois coupées vont être vendues aux Etats-Unis. Doit-on s’attendre à les voir débarquer en Suisse?

Lorsqu’on croque dans une pomme, il ne faut que quelques minutes pour que celle-ci commence à brunir. La faute aux composés phénoliques contenus dans le fruit: sous l’action d’une enzyme, ils se transforment en pigments bruns au contact de l’oxygène. Cette coloration peut poser un problème esthétique, mais ne présente pas de danger pour la santé. Elle peut être ralentie par l’utilisation de jus de citron, la conservation au frigo ou le stockage sous azote, qui élimine l’oxygène.

Pour éviter ce phénomène naturel, l’entreprise canadienne Okanagan Specialty Fruits est intervenue dans le matériel génétique de la pomme, en inactivant le gène qui provoque la fabrication de l’enzyme responsable du brunissement. Les autorités de sécurité alimentaire américaines les ayant déclarées sans danger pour la santé, elles sont en passe de rejoindre les rayons d’environ 400 supermarchés du Midwest américain. La première récolte de ces pommes dénommées «Arctic», cet automne, a permis d’obtenir 50 mètres cube de fruits. Elles seront vendues pré-tranchées dans des sachets de 280 g environ (voir photo).

10 aliments OGM autorisés en Suisse

Ces pommes pourraient-elles se retrouver dans les rayons des supermarchés suisses? En théorie oui, mais pas dans l’immédiat. En effet, avant d’être commercialisés chez nous, les produits alimentaires génétiquement modifiés doivent détenir une autorisation de mise sur le marché, délivrée par l’Office fédéral de la sécurité alimentaire (OSAV). Avant de rendre son verdict, l’instance vérifie qu’ils ne présentent de risques ni pour la santé, ni pour l’environnement (risque de dissémination par exemple). Selon elle, aucune demande d'autorisation pour ces pommes n'a encore été déposée.

Les OGM autorisés dans les denrées alimentaires suisses sont encore peu nombreux, puisqu’on ne compte qu’une variété de soja, trois de maïs, deux vitamines, deux présures (coagulant du lait utilisé dans la fabrication des fromages) et deux «auxiliaires technologiques». Ces dernières sont des substances utilisées dans le processus de préparation ou de transformation des aliments, mais qui, au contraire des additifs, ne jouent plus de rôle dans le produit final. Pour le moment, aucun fruit ne figure dans la liste. Dans le reste du monde, d’ailleurs, les fruits OGM sont encore rares. A l’exception des nouvelles pommes Arctic, seules des papayes modifiées sont autorisées, aux Etats-Unis.

Pas toujours indiqué sur l’emballage!

Outre-Atlantique, aucune mention indiquant que ces pommes anti-brunissement ont été génétiquement modifiées ne figure sur les sachets. Une telle indication serait obligatoire en Suisse, mais attention: la règle souffre de plusieurs exceptions. Ainsi, elle n’est pas obligatoire si la présence d’OGM dans un produit est involontaire (contamination par exemple) et ne dépasse pas 0,9% de sa masse. Elle ne l’est pas non plus pour les auxiliaires technologiques (lire plus haut), qui ne sont pas considérés comme des ingrédients par la législation suisse. Nos confrères de l’émission de la RTS On en parle viennent par exemple de découvrir que les petites tresses sans gluten de la marque aha!, vendues chez Migros, contiennent une enzyme OGM qui n’est pas indiquée dans la liste des ingrédients…

Vincent Cherpillod