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Anticiper ou retarder sa retraite

En complément à notre article «Avancer ou retarder la retraite» (BàS 1/2017), voici ce qu’il faut savoir sur l’anticipation de la retraite et la prolongation de l’activité lucrative.

Autant vous prévenir d’entrée: sur le plan administratif, avancer ou retarder sa retraite n’est pas une sinécure!

⇨ AVS

Côté AVS, il est possible d’anticiper le paiement d’une rente de deux ans au plus, soit dès 63 ans pour les hommes et dès 62 ans pour les femmes. Une décision qui engendre toutefois une diminution – à vie – de 13,6% pour 2 ans et 6,85% pour 1 an.

Ce pourcentage est soustrait à une somme calculée en fonction du salaire moyen qui a été touché durant 44 ans de cotisations pour les hommes, 43 ans pour les femmes. Ainsi, une rente pleine varie, en 2017, entre 1175 fr. et 2350 fr./mois. Mais elle ne sera «pleine» que si vous avez cotisé sans interruption durant toute votre activité professionnelle. Dans le cas contraire, elle va diminuer.

Tout cela est fort compliqué et a été expliqué – exemple à l’appui – en détail dans notre article «Calculer votre rente AVS» (3/2014). On peut aussi faire preuve de patience en demandant à la caisse de compensation de faire le calcul. La démarche est gratuite dès 40 ans et si vous ne l’avez pas déjà demandé dans les cinq années précédentes. Mais elle prend plusieurs semaines.

Par ailleurs, que vous touchiez directement la rente ou preniez une retraite anticipée tout en attendant l’âge légal pour en bénéficier, vous devez continuer à payer des cotisations jusqu’à 64 ans pour les femmes, 65 ans pour les hommes. Le montant est calculé en fonction des revenus (rentes et autres rendements divers) et de la fortune, comme expliqué dans nos articles «Cotiser à l’AVS, même à la retraite» (3/2015) et «L’AVS durant la retraite anticipée» (4/2015)

A l’inverse, si vous reportez la date de votre retraite, vous allez augmenter la rente – à vie aussi – de 5,2% pour une prolongation d’un an, 10,8% pour 2 ans, 17,1% pour 3 ans, 24% pour 4 ans et 31,5% pour une durée maximale de 5 ans. Vous continuerez alors à cotiser pour l’AVS, même si vous décidez – ce qui est possible – de toucher votre rente à l’âge réglementaire tout en continuant de travailler. Mais dans ce dernier cas, elle n’augmentera plus malgré les cotisations supplémentaires.

⇨ LPP

Les conditions auxquelles vous pouvez anticiper ou retarder le versement de votre rente de prévoyance professionnelle (2e pilier) sont encore plus variables, puisqu’elles sont fixées dans le règlement établi par chacune des quelque 2000 caisses de pension.

La plupart prévoient la possibilité d’une retraite anticipée cinq ans avant l’âge officiel, soit 59 ans pour les femmes et 60 ans pour les hommes. Elle aura un impact sur la rente en ce sens qu’elle:

  • diminue le cumul des cotisations (tant de l’employé que de l’employeur) dans une période où elles sont maximales (18% au moins du salaire coordonné dès 55 ans);
  • diminue la part du capital augmenté grâce au rendement (même s’il la limite minimale a été réduite à 1% pour la part obligatoire depuis le 1er janvier 2017);
  • diminue le taux de conversion qui sera utilisé pour calculer le montant de la rente (actuellement 6,8% pour la part obligatoire, nettement moins pour la part surobligatoire).

Les chiffres exacts, en revanche, il va falloir les chercher ou les demander à qui de droit! Dans notre article, nous nous sommes fondés sur l’exemple fictif – mais raisonnable sur le plan statistique (moyenne) – d’une diminution du taux de conversion de 0,2% par année d’anticipation.

En revanche, toutes les caisses n’acceptent pas de retarder le versement de la rente au-delà de l’âge règlementaire. Elles ont certes le droit (durant cinq ans au maximum) mais pas l’obligation. Les inconvénients cités plus haut en cas de retraite anticipée deviennent les avantages lorsque celle-ci est retardée:

  • le capital augmente grâce aux cotisations supplémentaires, pour autant que l’employeur accepte de jouer le jeu;
  • la part due au rendement augmente également;
  • le taux de conversion est augmenté, généralement de 0,15 à 0,2% par année de prolongation.