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Pellets: la forêt s’invite au salon

chauffage Les granulés de bois de notre sélection sont tous de bonne qualité. Certains viennent toutefois de loin, au détriment de leur bilan carbone.

Il y a vingt ans, l’utilisation des pellets, ces petits bâtonnets de bois compacté, était quasiment inexistante. Aujourd’hui, plus de 25 000 installations sont recensées en Suisse. Parmi celles-ci, quelque 15 000 chaudières qui tempèrent des maisons entières, et environ 10 000 poêles, souvent utilisés comme appoint, au salon. Dans le premier cas, l’achat se fait en vrac. C’est un camion qui livre les pellets dans un silo de stockage, comme pour le mazout. Les propriétaires de poêles se fournissent, eux, dans les magasins de bricolage par sacs de 15 kg.

Visuellement, les différents granulés de bois disponibles sur le marché se ressemblent beaucoup: 6 mm de diamètre pour une longueur de 1 à 3 cm. Pourtant, cet aspect standardisé peut cacher différentes essences de bois, d’origines diverses et ayant un pouvoir calorifique plus ou moins important. Pour savoir ce qu’il en est, nous avons comparé, en collaboration avec l’émission On en Parle (RTS-La Première), les différents produits vendus en vrac ou en sacs, en Suisse romande. Outre le prix, nous nous sommes penchés sur la qualité des combustibles et leur impact environnemental.

Certification de la forêt à la chaudière

Le pouvoir chauffant est défini par plusieurs caractéristiques techniques plus ou moins liées (lire encadré ci-contre). «Si le consommateur veut s’assurer que les granulés sont aux normes, il doit être attentif aux labels», explique Martina Caminada, directrice de Propellets. Les sept sacs de notre comparatif sont labélisés ENplus A1 – ce qui correspond à la plus haute exigence – ou DINplus. La qualité est donc au rendez-vous.

Sur les dix distributeurs en vrac, six sont labélisés ENplus A1. Toute la chaîne logistique et les intermédiaires qui entrent en contact physique avec le produit sont, dans ce cas, certifiés. Ecovalbois propose deux sortes de pellets italiens qui obéissent à une norme autrichienne. Mais la distribution n’est pas soumise à des contrôles. Les granulés de Migrol et de Coop Brico+Loisirs présentent un manquement similaire. La marchandise est, elle-même, labélisée ENplus A1, mais les filiales des deux géants orange ne sont pas certifiées. Le stockage et la livraison ne sont alors pas surveillés.

Le bilan carbone dépend de l’origine

Celui qui installe un poêle ou une chaudière à granulés a souvent des motivations écologiques. Une étude du bureau Quantis, spécialisé dans l’analyse de cycle de vie, montre que le bilan carbone des pellets suisses est, en effet, près de cinq fois inférieur à celui du gaz naturel. Comparé au mazout, il est même sept fois moins important. Selon les installations et les filtres mis en place, les chauffages à bois émettent cependant davantage de particules fines et d’oxydes d’azote.

Reste que, entre une marchandise fabriquée avec du bois suisse et une autre produite à l’étranger, l’impact environnemental n’est pas le même. Ainsi, un pellet venant du sud de l’Allemagne (Agrola) a un bilan carbone environ 20% supérieur au bois indigène. S’il provient de l’ouest de la France (Ecovalbois), les rejets (d’équivalent CO2/kWh) sont plus importants de 50%.

Mais c’est dans les granulés vendus en sacs que les distances sont les plus impressionnantes. Jumbo en propose ainsi des tchèques (+50% d’émissions de gaz à effet de serre) et Hornbach des polonais (+80%). Obi se fournit carrément en Biélorussie (+120%). Mais, dans tous les cas, ce combustible reste plus écologique que le gaz naturel ou le mazout.

Le consommateur a le choix

Les sacs de 15 kilos sont vendus entre 4.45 fr. et 6.20 fr., soit une différence d’environ 40%. Ici, les produits étrangers sont, en moyenne, un peu moins chers. En ce qui concerne le vrac, le prix dans une même entreprise peut encore varier selon la quantité commandée, la distance ou encore la facilité d’accès.

Contactés, plusieurs distributeurs ne savaient pas que la manutention et la livraison devaient également être certifiées pour les pellets vendus en vrac avec le label ENplus A1. Ecovalbois et Coop Brico+Loisirs ont promis de corriger l’étiquettage en précisant que leur label ne concerne que la production. Migrol explique, pour sa part, que sa logistique répond à des normes élevées. «A l’heure actuelle, nous avons pris la décision de ne pas demander la certification ENplus pour le transport.»

Concernant l’origine du combustible, Jumbo indique vouloir donner au consommateur le choix entre un produit étranger bon marché, et un suisse, plus cher mais plus écologique. De son côté, Hornbach, qui propose actuellement des sacs polonais, dit être en négociations pour s’approvisionner en Suisse ou dans des pays limitrophes. Obi, qui importe ses pellets de Biélorussie, explique «ne pas pouvoir commenter les résultats faute d'informations complètes.»

Bernard Utz / Claire Houriet Rime

Lire le bonus web: Des pellets qui viennent parfois de loin