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Pas de baisses de salaire en vue

collaborateurs L’initiative «Pro service public» aurait, selon ses opposants, un impact négatif sur les salaires dans les entreprises. Faux: les employés seraient dans tous les cas gagnants.

En demandant que les salaires et les honoraires des collaborateurs de La Poste, des CFF ou de Swisscom ne dépassent pas ceux de l’administration fédérale, l’initiative en faveur du service public vise les dirigeants qui touchent jusqu’à trois fois plus qu’un conseiller fédéral.
Parmi les opposants, on joue sur les mots en arguant que l’ensemble des collaborateurs seraient touchés avec, à la clé, d’importantes réductions de salaire. Selon une étude du bureau de consultants Swiss Economics récemment publiée, quelque 8000 employés verraient ainsi leur fiche de paie écornée.

Étude et conflit d’intérêts…

Premier constat: l’étude mandatée par les opposants ne date pas d’hier, mais du 3 novembre 2015. Sa publication a été repoussée au printemps à la seule fin de déstabiliser les citoyens à la veille du scrutin. Autre détail piquant: Matthias Finger, qui fait partie de Swiss Economics, enseigne aussi à l’EPFL. Or, sa chaire est financée chaque année à raison de 650 000 fr. par… La Poste!
Mais venons-en aux faits. Si le Parlement interprète l’exigence de l'initiative de manière large, une grande partie des employés de La Poste, des CFF et de Swisscom seraient gagnants! C'est logique, puisque, en moyenne, l’administration fédérale investit davantage dans les salaires de ses troupes que ces entreprises.
Aux CFF, les 33 000 collaborateurs touchent 4,1 milliards de francs, soit 125 000 fr. en moyenne chacun. Swisscom dépense, bon an mal an, toutes charges sociales incluses, 2,3 milliards pour 21 700 salariés, soit 106 000 fr. par personne. La Poste alloue 4 milliards à ses 44 200 collaborateurs, soit 91 100 fr. en moyenne à chacun. En comparaison, le budget de l’administration fédérale est de
5,6 milliards pour 35 000 salariés, soit une moyenne de 156 000 fr. par personne.
Conclusion: les employés fédéraux sont mieux rémunérés que celles et ceux qui travaillent dans les anciennes régies. Si on calquait les traitements de ces derniers aux conditions en vigueur dans l’administration, on ne trouverait pas grand monde pour s’en plaindre.
Ce remaniement n’est toutefois pas le but de l’initiative, qui exige seulement que les top managers des entreprises publiques ne gagnent pas davantage qu’un conseiller fédéral. Les montants économisés de la sorte pourraient ainsi être réinvestis pour revaloriser les traitements des employés les moins rémunérés.

Christian Koutecky / chr