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Edito: la mauvaise foi: une arme économique et politique

Après des années de calme relatif, la société Suissephone a repris son démarchage trompeur visant à se faire passer pour Swisscom auprès des personnes âgées. Comme vous le lirez à la page 7, elle use de techniques parfaitement rodées, se montre plus intransigeante que par le passé et fait preuve de mauvaise foi lorsqu’elle se justifie.

Passons dans l’univers des pharmas. Aux pages 20 et 21, nous révélons comment cette industrie jongle avec la taille des emballages pour commercialiser ses produits à des prix décuplés. Or, contre toute logique, plus l’emballage contient de comprimés, plus ils sont chers à l’unité. Oui, vous avez bien lu, et voici un exemple: sortie d’une boîte de 40 unités, une pastille revient à 0.39 fr., contre 0.65 fr. dans une de 200, soit un surcoût de 66%!

Interpellés, les pharmas, les assureurs, les pharmaciens et les autorités se renvoient la balle pour tenter d’expliquer l’inexplicable et font également preuve, chacun à sa façon, d’une bonne dose de mauvaise foi.

Cette même attitude se rencontre aussi sous la Coupole fédérale. Nous l’avons vécu de très près, le 14 septembre dernier, au Conseil national, lors du débat sur l’initiative «En faveur du service public», lancée notamment par Bon à Savoir. Où 34 orateurs, couvrant tout l’échiquier politique, se sont succédé à la tribune avec des arguments quasi identiques, mais, surtout, sans grand rapport avec le texte original.

Elections fédérales obligent, le débat a duré trois heures! Trois longues heures de palabre durant lesquelles les élus ont développé une interprétation toute personnelle du texte sur lequel le peuple se prononcera l’an prochain.

Leurs propos ont démontré que les intérêts économiques des entreprises publiques (CFF, La Poste, Swisscom) sont mieux défendus à Berne que ceux des consommateurs. Pas étonnant, puisque, comme le dévoile notre enquête (pages 14 et 15), certains parlementaires ont tissé des liens plus ou moins étroits avec les dirigeants des entreprises que les initiants cherchent, précisément, à préserver…

Zeynep Ersan Berdoz