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A quoi bon assurer ses dents?

Les couvertures pour les soins dentaires des adultes sont régulièrement proposées par les caisses. Souvent très chères et restrictives, elles ne se justifient guère.

Les traitements dentaires ne sont pas remboursés par l’assurance obligatoire, hormis dans des cas rares et très sérieux (notamment les lésions occasionnées par une maladie grave comme la leucémie). Pour pallier cette spécificité de notre politique sociale que d’aucuns trouveront aberrante, la plupart des compagnies ont trouvé la parade en proposant aux adultes des assurances complémentaires pour les soins dentaires.

Souvent très chères, ces couvertures ont mauvaise réputation. Mais est-ce justifié? Les résultats de notre sondage auprès des cinq plus grandes caisses maladie de Suisse (Helsana, Swica, CSS, Visana et Groupe Mutuel) semblent le confirmer. Ils prouvent, du moins, que les patients doivent débourser de coquettes sommes pour, en fin de compte, bénéficier de prestations très limitées.

Très chères primes

Les offres des cinq assureurs retenus sont toujours faites de plusieurs niveaux (de trois au Groupe Mutuel à huit à Visana), avec une hauteur de remboursement (de 50% à 75% au maximum) et un plafond annuel différent.

La limite la plus basse de notre sélection est proposée par Helsana avec sa version «light» qui couvre 75% des frais, mais 300 fr. au maximum par année. Or, elle coûte 22.50 fr. par mois pour Pierre, un Lausannois de 45 ans, soit 270 fr. par an!

A l’autre extrême, le Groupe Mutuel rembourse, avec sa variante la plus chère, 75% d’un traitement jusqu’à concurrence de 15 000 fr. par an. Pour cela, Pierre va payer 111 fr./mois, soit 1332 fr./an.

Enfin, pour la version la plus coûteuse de Visana, qui prend en charge 75% des coûts jusqu’à 5000 fr. par an, Pierre va débourser pas moins de 269 fr. par mois, soit 3228 fr. par an!

Contrôle parfois obligatoire

Pas d’illusion toutefois: lorsque l’offre semble quand même intéressante, un examen préalable est exigé et il peut évidemment constituer un motif de refus.

Le Groupe Mutuel et Visana l’exigent, quel que soit le niveau de couverture choisi et cette dernière n’accepte que ceux dont la denture est assainie.

Swica fait de même, excepté pour les assurés qui choisissent la première classe de prestations (50% des honoraires, au maximum 500 fr. par an) et Helsana ne l’impose pas pour sa version «light».

La CSS laisse le choix pour sa variante la moins chère (75% des coûts jusqu’à 2000 fr. par année), mais adapte la prime en fonction de la décision: 69.10 fr. par mois pour Pierre avec examen, 120.80 fr. sans.

Sexagénaires exclus

En plus, les restrictions sont légion! Exemple: Visana, Swica, Helsana et Groupe Mutuel ne prennent pas en charge le remplacement des dents manquantes (avant signature du contrat). Et CSS ne couvre pas les corrections si les dents sont mal placées ni leur blanchiment, tout comme Visana qui n’assure pas les interventions faites pour des raisons esthétiques.

A cela, il faut encore ajouter les délais de carence. Si Helsana fixe six mois quel que soit le traitement, la CSS impose une année lors de la conclusion d’une police sans test dentaire et Visana va jusqu’à deux ans pour les remplacements d’amalgame!

Enfin, inutile de prétendre à une adhésion, après 60 ans à Swica et au Groupe Mutuel, et 65 ans à Helsana.

Traitement préventif

En parcourant les conditions générales et au vu des nombreuses réserves mentionnées, on se demande dès lors à quoi peuvent bien servir ces complémentaires. Et, sur ce point, impossible de fournir une réponse claire, car chaque compagnie semble vouloir se différencier de l’autre. Nous n’avons trouvé qu’un seul point commun aux cinq assurances: le remboursement des contrôles annuels.

Avec des conditions qui varient autant d’une caisse à l’autre, les patients ne peuvent pas comparer les offres et faire un choix en conséquence. Voilà pourquoi la Société suisse des médecins-dentistes (SSO) estime qu’il est plus économique d’adhérer à un bon programme prophylactique d’un cabinet fiable, lequel revient à quelques centaines de francs par an. Le patient aura ainsi moins de soins et pourra épargner des primes onéreuses.

Marie Tschumi