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Le port des colis pour l’étranger explose

Impossible désormais d’envoyer du chocolat à l’étranger sans l’inscrire en recommandé. Résultat: l’affranchissement augmente de moitié.

«La Poste se fait de l’argent sur notre dos», proteste Joaquin Gonzalez, au Mont-sur-Lausanne. Depuis le 1er avril 2012, le port d’un petit paquet de moins de 1 kg, ou «maxilettre» dans le jargon postal, à destination de l’étranger est passé de 12.50 fr. à 18.50 fr. Tous les colis sortant des frontières sont, en effet, automatiquement acheminés en recommandé! Ce qui représente une augmentation de près de 48%.

La Poste justifie cette hausse par une prestation supplémentaire: «Les maxilettres, explique son porte-parole Mariano Masserini, sont généralement utilisées pour expédier de petits objets, tels que des lunettes ou des appareils électroniques.»

Le géant jaune relève que la majorité de sa clientèle souhaite contracter une assurance pour ce genre d’envoi. Il a donc opté pour une prestation supplémentaire, soit le recommandé automatique, avec une couverture d’assurance jusqu’à 150 fr.

Pour expédier du chocolat à l’étranger, il faudra donc payer le prix fort. Quant à l’assurance incluse dans cette prestation, elle ne suffira pas à rembourser la perte d’un objet de valeur, dont le prix dépasse souvent 150 fr.!

Cette pratique n’a du reste pas convaincu Stefan Meierhans, le surveillant des prix: «La Poste a supprimé un produit (maxilettres pas en recommandé) pour le remplacer par un autre (maxilettres en recommandé).» L’organe de contrôle des tarifs postaux relève toutefois que, même s’il n’y a pas, ici, d’abus de prix avéré, la concurrence dans ce secteur est insuffisante. Ce qui permet à La Poste de proposer des produits inadaptés aux besoins de ses clients. Car, contrairement aux affirmations du géant jaune, «près de 80% des gens renoncent à envoyer leur courrier en recommandé», estime Monsieur Prix.

Ce dernier avait déjà porté le cas auprès de l’Autorité de régulation postale, PostReg. Celle-ci ayant été remplacée le 1er octobre par la nouvelle instance, PostCom, il nous a promis de revenir à la charge auprès d’elle. Et reconnaît avoir, pour l’instant, les mains liées dans ce domaine. Bon à Savoir suit donc le dossier de près.

Claire Houriet Rime