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Prix du rail: les CFF mènent le bal

Ça devient presque une habitude: les prix du rail vont encore augmenter le 9 décembre, au moment du changement d’horaire. Il faudra en effet débourser 3% de plus pour un billet en 2e classe et 6,5% en 1re classe. Quant à l’abonnement demi-tarif annuel, il coûtera 175 fr. contre 165 fr. actuellement (+6,1%). L’abonnement général reviendra à 3550 fr. en 2e classe (+6%) et 5800 fr. en 1re classe (+8,4%).

Les CFF en position de force

Officiellement, c’est l’Union suisse des transports publics (UTP) qui fait les comptes et évalue les hausses nécessaires. Comme les tarifs des transports publics ne sont confrontés à aucune concurrence, ils doivent ensuite être soumis au surveillant des prix, Stefan Meierhans.

Les CFF ont évidemment un poids prépondérant dans l’UTP. Et ce sont eux, dans les faits, qui dictent les tarifs. L’ancienne régie, qui avait invoqué l’augmentation constante du nombre de passagers pour justifier les hausses précédentes, fait valoir aujourd’hui la baisse de fréquentation des trains voyageurs avec, à la clé, une diminution du bénéfice de 29,5 millions pour le premier semestre 2012.

Cette année, Monsieur Prix a un peu modéré l’appétit des CFF, qui réclamaient une hausse moyenne de 5,6%. Au final, elle sera néanmoins de 5,2%... Un chiffre coquet dans le contexte économique actuel! A titre de comparaison, l’indice général des prix a en effet baissé de 0,4% entre septembre 2011 et septembre 2012.

Efficacité limitée

Mais, comme l’illustre notre tableau (voir ci-contre), le rail ne calque plus – et depuis longtemps – l’évolution de ses prix sur celle du coût de la vie. L’analyse détaillée des dernières années montre que seule la hausse exigée en 2007 (+3,5%) a suivi de près l’inflation qui était alors de 3,6%. En 2010, les CFF ont dopé leur tarifs de 5,9%, tandis que l’indice des prix montait de 1,6% seulement. Et, en 2011, le billet de train a grimpé en moyenne de 1,2% dans un contexte déjà baissier (–0,7%)!

A la lecture de ces chiffres, on peut douter de l’efficacité du système de contrôle. Depuis 2004, les CFF ont ainsi toujours obtenu ce qu’ils voulaient pour les hausses des cartes journalières. Idem pour l’abonnement général (AG) de 1re classe et le demi-tarif annuel. Le surveillant des prix a uniquement réussi à limiter les dégâts pour l’AG de 2e classe et l’abonnement demi-tarif bisannuel.

Les CFF n’ont-ils pas tendance à réclamer davantage pour obtenir ce qu’ils veulent vraiment après tractation? L’Union des transports publics dément formellement et le service de presse de l’ancienne régie ne souhaite pas dévoiler ses stratégies de négociation. De son côté, Monsieur Prix n’exclut pas que l’UTP et les CFF aient surévalué leurs besoins réels pour obtenir plus. «Je ne suis pas naïf!» Le montant exigé au départ ne joue toutefois aucun rôle, selon Stefan Meierhans, qui affirme se baser sur les coûts effectifs.

Reste que le lobby des transports publics a toujours réagi avec un calme étonnant lorsque ses revendications ont été revues à la baisse. Au final, le portemonnaie des passagers ne semble pas vraiment émouvoir ceux qui dictent les tarifs. 

Gery Schwager / chr


Pour télécharger le tableau comparatif, se référer à l'encadré au-dessous de la photo.