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Des vacances bien coûteuses

Cet été, les Suisses continueront à payer leurs communications depuis l’étranger bien plus cher que les Européens.

Gare à la facture au retour des vacances: les Suisses seront pressés comme des citrons cet été en utilisant leur téléphone portable à l’étranger. Malgré quel ques annonces de baisse récentes (lire ci-dessous), les tarifs d’itinérance (ou roaming) restent effarants lorsqu’on les compare aux prix européens. Notre tableau montre, par exemple, que les écarts vont de 114% à 386% pour les appels téléphoniques. La situation n’est globalement pas meilleure pour les SMS ou le transfert de données.

Comment expliquer de tels écarts? La politique très volontariste du Parlement européen n’y est pas étrangère. Ce dernier a fixé récemment – 578 voix contre 10 – de nouveaux plafonds de prix de roaming pour le 1er juillet. Dès cette date, les opérateurs de l’UE ne pourront plus facturer l’appel en itinérance internationale que 35 ct. la minute au maximum. Ainsi, un touriste allemand qui appellera un proche depuis l’Espagne payera tout au plus 35 ct. pour une minute, et peut-être moins selon l’opérateur. Pour les mêmes prestations, de l’Espagne vers la Suisse, un consommateur romand devra débourser 1.70 fr. chez Sunrise et Orange, et 75 ct. avec Swisscom.

Gros efforts possibles

Les trois entreprises de télécommunications suisses reconnaissent l’exactitude de nos chiffres, mais répliquent qu’elles proposent aussi des offres et des options rendant le roaming moins onéreux. Elles expliquent les fortes différences de prix avec leurs homologues étrangers par le fait que «la Suisse ne faisant pas partie de l’UE, ces derniers ne sont pas obligés de nous facturer les prix définis par l’UE», comme l’affirme Tobias Kistner, porte-parole de Sunrise.

Ils facturent donc des tarifs plus élevés aux trois grands opérateurs helvétiques, que ceux-ci répercutent sur leurs clients. Un constat partagé par le Conseil fédéral, qui souligne dans un rapport récent «qu’une part du prix de détail exigé par un opérateur suisse pour un service d’itinérance internationale est composée du prix de gros qu’il doit payer à un partenaire étranger pour l’utilisation du réseau par sa clientèle». Christian Neuhaus, porte-parole du géant bleu, précise ainsi que «Swisscom doit négocier individuellement avec toutes les entreprises de télécommunications de tous les pays».

Sunrise à 1 fr. le Mo

Pour autant, des efforts sont tout à fait possibles, et le géant bleu en apporte lui-même la preuve en abaissant, certes légèrement, ses tarifs dès le 1er juillet. Une action qui suscite toutefois les sarcasmes d’Orange: «Alors que, sur les tarifs nationaux, l’ex-monopoliste est la plupart du temps 20% à 50% plus cher, il se positionne en tant qu’opérateur roaming le meilleur marché. La question est de savoir ce qui est le plus important pour le consommateur: économiser durant les deux semaines de vacances en roaming ou économiser en Suisse durant les 50 autres semaines?» Orange reste toutefois très laconique quand il s’agit d’évoquer ses propres baisses de prix en roaming, «pas exclues ultérieurement».

Sur ce point Sunrise vient de faire un pas, en annonçant, dès le 21 juin, un nouveau tarif «Sunrise flat 7» plus avantageux et, surtout, une baisse drastique du prix du trafic des données à 1fr./Mb depuis 42 pays au lieu de 15.35 fr./Mb actuellement.

Le marché n’est donc pas statique, mais les Suisses continuent de payer beaucoup trop. Un coup de fouet pourrait néanmoins venir du monde politique. Cet automne, la motion d’Ursula Wyss (PS/BE) soutenant un plafonnement des tarifs d’itinérance, calquée sur la pétition de Bon à Savoir, sera enfin soumise au Conseil des Etats. L’automne passé, elle avait été plébiscitée par le Conseil national par 181 voix contre 5.

Sébastien Sautebin


Pour télécharger le tableau comparatif, se référer à l'encadré au-dessous de la photo.