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Le scandale du roaming

L’Europe fixe des maximums aux opérateurs des 27 Etats membres. Rien de tel en Suisse, où les abonnés paient des prix jusqu’à trois fois plus élevés!

La Suisse est un tout petit pays où trois opérateurs monopolisent le réseau de la téléphonie mobile en pratiquant des prix exorbitants. Autour de lui, les 27 Etats de l’Union européenne ont réussi, en moins de cinq ans, à restreindre l’appétit de plusieurs dizaines de prestataires en leur imposant des maximums à ne pas dépasser. Cherchez l’erreur!

Juste avant les vacances, en effet, l’Union européenne entrera dans l’ultime étape d’un rude combat. Depuis le 1er juillet 2011, les tarifs de roaming (l’abonné utilise son téléphone mobile à l’étranger) ne pourront plus dépasser :

  • 0.46 fr. la minute pour un appel sortant (l’abonné appelle);
  • 0.14 fr. pour un appel entrant (l’abonné est appelé);
  • 0.14 fr. pour l’envoi d’un SMS.

Par ailleurs, le prix de gros (celui que les opérateurs se facturent entre eux) du transfert de données dans un smartphone sera également de 0.65 fr. par Mb au maximum. Pour l’instant, le prix de détail (celui que les opérateurs facturent aux clients) n’est, en revanche, pas encore limité et le consommateur européen paie, aujourd’hui quatre à cinq fois plus que le prix de gros, soit beaucoup trop (voir tableau 1 ci-dessous)!

Avec ces tarifs drastiquement revus à la baisse, l’UE est convaincue que les opérateurs s’en mettent encore plein les poches. Ainsi, Neelie Kroes, la commissaire européenne chargée du dossier, a plusieurs fois rappelé que le prix d’une communication domestique se mon te en moyenne à 12,6 ct. et qu’il n’y a aucune raison pour que ceux du roaming soient supérieurs. Autrement dit: l’objectif est de supprimer, là aussi, les frontières entre les Etats membres et de faire passer à la trappe ce type de surfacturation. Or, une fois n’est pas coutume, les observateurs sont unanimes à estimer que la raison l’emportera et que ce sera finalement bel et bien le cas!

Situation choquante

Dès lors, la situation des abonnés suisses est d’autant plus choquante. Ils paient, en effet, aujourd’hui encore, des tarifs nettement supérieurs à ceux qui, en 2007, ont fait réagir Bruxelles! Qu’on en juge: Swisscom demande jusqu’à 0.85 fr. pour une minute d’appel passé par un abonné en vacances en Grèce, 0.40 fr. pour un appel entrant, 0.40 fr. pour un SMS et 7 fr. pour le téléchargement de 1 Mo de données. Mais ses concurrents font pire encore, puisque dans un tel cas, Orange facture jusqu’à 2 fr. pour une minute d’un appel sortant et 0.80 fr. pour un appel entrant. Et, de son côté, Sunrise exige jusqu’à 0.50 fr. pour l’envoi d’un SMS, mais 15.60 fr. (12 fois plus que le prix de gros imposé en 2010 par l’UE) pour le téléchargement de 1 Mo de données. Le tableau 2, entièrement converti en francs, résume la situation.

Signez notre pétition!

Si ces tarifs ne baissent pas d’ici au 1er juillet 2011, date à laquelle les plafonds européens diminueront de nouveau, les différences vont s’accentuer encore, pour atteindre des sommets scandaleux. Orange, par exemple, facturera trois fois plus que les opérateurs européens un appel d’une minute depuis la Grèce.

Voilà pourquoi Bon à Savoir, en collaboration avec son partenaire alémanique K-tipp, lance une pétition exigeant que la Suisse s’aligne sur les maximums de l’UE. Pourquoi donc, en effet, devrions-nous payer entre deux et vingt fois plus cher des prestations dont on sait qu’elles sont encore largement bénéficiaires avec les restrictions européennes?

Nous invitons donc tous nos lecteurs à soutenir cette opération en signant (et en faisant signer autour d’eux) cette pétition, soit à l’aide de la liste ci-contre (à télécharger et imprimer), soit directement sur notre site, www.bonasavoir.ch. Dernier délai: le 31 mai prochain, afin que nous puissions la transmettre avant les vacances estivales à Doris Leuthard, cheffe du DETEC.

Christian Chevrolet



Pour télécharger le tableau comparatif, se référer à l'encadré au-dessous de la photo.