Sommaire
- LES PHASES DU TEST9 questions à 5 graphologuesBon à Savoir a demandé à cinq graphologues, dont quatre femmes, tous de formation différente, et membres d’associations de graphologues (dont deux de l’Association graphologique suisse, qui exige, entre autres, que ses membres aient suivi des études de psychologie), d’examiner cinq lettres de candidature. Ils étaient censés travailler pour le compte d’un cabinet d’avocat, cherchant le candidat idéal parmi cinq personnes qui ignoraient qu’une analyse graphologique allait être effectuée sur la base de leurs offres d’emploi. Nous avons demandé aux experts de répondre à neuf questions:1. Le candidat a-t-il l’esprit d’équipe ou est-il plutôt individualiste?2. Est-ce une personne équilibrée, d’humeur égale ou plutôt impulsive et colérique?3. Travaille-t-il plutôt rationnellement ou intuitivement?4. En cas de stress, réagit-il plutôt de manière rationnelle ou émotionnelle?5. En cas de stress, réagit-il spontanément ou avec hésitation?6. Est-il plutôt ambitieux ou modeste?7. Travaille-t-il de manière indépendante ou non?8. Est-il précis ou superficiel?9. Sait-il s’imposer facilement ou non?L’intérêt principal de l’exercice était bien sûr de savoir si les graphologues allaient parvenir à des évaluations identiques ou du moins semblables pour chaque candidat. Car, s’il existe des critères scientifiques pour analyser une personnalité à travers son écriture, les experts devraient majoritairement en arriver aux mêmes conclusions.Ensuite, nous avons soumis les résultats des expertises à un psychologue, conseiller en personnel. Enfin, les candidats eux-mêmes ont évalué les expertises, tout comme leur employeur de longue date.2e encadréRÉPONSE AUX QUESTIONS L’accord du candidat• Un employeur peut-il demander une étude graphologique sans l’accord préalable du candidat?Non, il a besoin de son accord explicite. Le préposé fédéral à la protection des données demande même que l’employeur signale déjà dans son offre d’emploi s’il veut faire une telle analyse, afin que les candidats puissent refuser. Ils le feront en mentionnant sur leur lettre manuscrite: «Expertise graphologique non désirée». Mais il est vrai qu’en agissant de la sorte, ils n’augmenteront pas leurs chances d’engagement!• Que peut faire un candidat si un employeur demande une telle expertise sans son assentiment?Il peut exiger sa destruction, qu’il soit engagé ou non. De plus, il a la possibilité de demander réparation pour violation de son droit de la personnalité et/ou des dommages et intérêts. Mais il vaudra mieux alors se faire conseiller par un juriste.• Une expertise graphologique peut-elle aussi contenir des données sur la sphère privée?Non. L’employeur ne peut poser au graphologue que des questions servant à évaluer l’aptitude du candidat au poste à pourvoir. Des études de caractère générales sont illicites. Inadmissibles également, les questions sur les orientations religieuses et politiques ainsi que sur la santé du candidat.• Le candidat a-t-il le droit de voir l’expertise s’il est engagé?Oui. Il peut en tout temps demander une copie, gratuitement.• Que devient cette expertise si le candidat, devenu employé, quitte son emploi?L’employeur doit la détruire.3e encadréEN CHIFFRESEngouement suisseRobert Zaugg, assistant à l’Institut pour l’organisation et le personnel de l’Université de Berne, a interrogé 838 entreprises suisses sur leurs méthodes de sélection du personnel. 65% d’entre elles recourent à un graphologue lors de l’engagement d’un cadre. Un engouement que seule la la France surpasse, puisque 93% des entreprises y recourent, dont 55% de façon systématique! A titre comparatif, cette méthode est utilisée par 36% des recruteurs belges, par15% de recruteurs espagnols, mais par moins de 10% de recruteurs anglais et allemands. Les Etats-Unis et le Canada, quant à eux, ignorent carrément la graphologie!
Bon à Savoir 08-1998
19.08.1998
Les graphologues prétendent pouvoir définir le caractère et les capacités d’une personne à travers son écriture. Pour ce faire, ils se basent sur des caractéristiques telles que la taille, l’inclinaison ou la forme des lettres. De nombreux employeurs suisses (lire l’encadré) s’y fient et fondent leurs décisions sur ce genre d’expertise. Or, notre enquête démontre qu’ils pourraient tout aussi bien tirer au sort parmi les dossiers et, du coup, économiser entre 150 et 300...
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