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Sésame, trop tôt pour en racheter

SCANDALE ALIMENTAIRE Le problème des graines de sésame contaminées n’est toujours pas réglé. Des produits font encore régulièrement l’objet de rappels en Suisse et en Europe.

En ce début décembre, le scandale des graines de sésame provenant d’Inde et contaminées par de l’oxyde d’éthylène, un pesticide cancérigène, n’est toujours pas clos. De nouveaux retraits de marchandises sont régulièrement annoncés par les autorités sanitaires en Suisse et dans l’UE. Le 27 novembre, par exemple, l’Office fédéral de la sécurité alimentaire (OSAV) publiait encore une mise en garde publique concernant des graines de sésame Naturaplan de Coop qui contiennent «de fortes teneurs» en oxyde d’éthylène.
Cette contamination a été mise en évidence pour la première fois au début du mois de septembre déjà par les autorités sanitaires belges, qui ont averti leurs homologues européens via le système d’alerte RASFF. Les rappels se sont ensuite multipliés sur le continent européen, avec un décalage non négligeable dans notre pays puisque la plupart de la dizaine de rappels et mises en garde publiques ont été publiés durant la seconde moitié de novembre. Ils concernent une vingtaine de produits, dont des graines mais aussi du pain croustillant, des müeslis, des graines composées pour salades. Le sésame est en effet utilisé dans de nombreux aliments.
La prudence s’impose
Des investigations sont toujours menées à l’heure actuelle et il est encore impossible de déterminer l’ampleur précise de la contamination et depuis quand elle existe. Pour l’heure, la Commission européenne a identifié pas moins de 270 tonnes de graines de sésame contaminées, provenant de différents producteurs indiens. Rien qu’en France, plus de 1700 lots de produits très divers ont, pour l’instant, été retirés des rayons: chocolats, sablés, canapés, pains, bagels, houmous, magrets de canard, tartines, falafels, tofu, crackers, toasts, et etc. Nombre de ces produits sont étiquetés bio selon le magazine français 60 millions de consommateurs.
Un nombre indéterminé de marchandises sont donc susceptibles d’être rappelées encore dans les prochaines semaines en Suisse. Il semble ainsi préférable, par mesure de précaution, d’attendre encore un peu avant d’acheter à nouveau des produits contenant du sésame même si, selon l’Office fédéral de la sécurité alimentaire (OSAV), seules des graines en provenance d’Inde sont concernées. Malheureusement, dans de nombreux produits, la provenance des graines utilisées n’est pas précisée.
Plus de 1000 fois la limite maximale
L’oxyde d’éthylène est un pesticide destiné à lutter notamment contre la formation de moisissures. L’OSAV explique qu’il a été utilisé en Inde pour désinfecter des graines de sésame avant leur exportation. Un tel emploi est interdit en Suisse et dans l’Union européenne. D’après l’OSAV, «les résidus d’oxyde d’éthylène dans les aliments peuvent être dangereux pour la santé. La substance est notamment classée comme probablement cancérigène. Ingérée régulièrement sur une période prolongée, elle peut favoriser l’apparition de cancers». La Commission européenne a, de son côté, précisé que certains lots analysés en septembre ont révélé des teneurs plus de mille fois supérieures à la limite maximale de résidus de 0,05 mg/kg. La Commission estime que «de tels niveaux de contamination représentent un risque grave pour la santé humaine, car l’oxyde d’éthylène est classé comme mutagène (catégorie 1B), cancérogène (cat. 1B) et toxique pour la reproduction (cat. 1B) ». A l’instar de l’OSAV, l’Agence fédérale belge pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA) qui a révélé le problème, se veut toutefois moins alarmiste que l’Exécutif européen: «si un consommateur devait consommer ces graines non conformes chaque jour de sa vie et en grande quantité, il pourrait y avoir un risque pour sa santé».
Alertes par SMS
Pour savoir si vous possédez des produits rappelés, vous pouvez comparer le contenu de vos placards avec la liste des rappels figurant sur le site du Bureau fédéral de la consommation. L’OSAV recommande de rapporter la marchandise concernée au point de vente ou de l’éliminer. Attention, la liste risque d’être encore mise à jour. Si vous souhaitez être informé automatiquement, il est possible de vous abonner au service gratuit d’alertes SMS du Bureau fédéral de la consommation, comme nous l’avons expliqué dans notre article «Marchandises dangereuses: ne ratez pas l’info» (BàS, 12/20).

Mise à jour du 8 décembre 2020

Depuis le 8 décembre 2020, une nouvelle application, nommée RecallSwiss, centralise les mises en garde publiques, rappels de produits et alertes de sécurité publiés dans notre pays. Elle devient l’outil de communication principal des autorités pour mettre en garde les consommateurs contre les produits dangereux. RecallSwiss s’installe aussi bien sur les appareils mobiles que les ordinateurs. Les alertes sont classées par ordre chronologique et une photo, visible immédiatement, accompagne chaque publication. L’application permet d’effectuer des recherches spécifiques en entrant par exemple le nom d’un produit ou une caractéristique (par exemple: sésame). Les consommateurs ont également la possibilité de signaler des produits dangereux.

L’application est peut être téléchargée ici sur www.recallswiss.admin.ch (menu déroulant en droite). Les consommateurs peuvent s’abonner à un service d’alerte SMS ou par courriel, pour toutes les annonces ou par types de produits. Ce service remplace celui en vigueur jusqu’à présent. Les abonnés actuels vont recevoir un lien pour s’y inscrire.


Sébastien Sautebin