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60 comprimés à la poubelle

Un lecteur n'avait besoin que de 40 tablettes de Glaupax, mais l'assurance ne rembourse que les boîtes de 100. L'emballage approprié est donc à sa charge!

«L'honnêteté ne paie pas», déplore Michel Devalloné dans le courrier qu'il nous a fait parvenir le mois dernier. Non sans raison: son opthalmologue lui a prescrit du Glaupax, un médicament qui permet d'abaisser la pression intraoculaire. Il se rend donc dans une pharmacie où on lui laisse le choix entre une boîte de 40 ou de 100 comprimés. Comme le traitement est de courte durée, il opte pour le petit emballage. Mal lui en a pris...

Car lorsqu'il reçoit le décompte de sa caisse maladie, il apprend que la boîte de 40 unités n'est pas remboursée, mais que celle de 100 l'aurait été! En effet, l'assurance maladie obligatoire ne prend en charge que les préparations inscrites dans la liste des spécialités (LS) et uniquement dans le conditionnement retenu dans cette même liste.

Gaspillage agaçant

Avec le Glauxpax, le prix est au moins dégressif avec la quantité, ce qui n'est pas toujours le cas. Ainsi, une boîte de 100 tablettes se vend 46,50 fr. soit 46,5 ct l'unité, contre 26,50 fr. pour l'emballage de 40 tablettes, soit 66 ct l'unité. On comprend donc pourquoi l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), qui actualise régulièrement la LS, donne sa préférence au grand emballage. «Mais personnellement, commente notre lecteur, j'ai besoin de 40 pastilles. Si j'en achète 100, je jette donc les 60 que j'ai en trop. Est-ce ainsi qu'on lutte contre la hausse des coûts de la santé?»

Et c'est vrai qu'on comprend difficilement pourquoi l'OFSP fait l'impasse sur le petit emballage lorsque, comme dans le cas de notre lecteur, l'addition finale permet d'économiser 20 fr.! La réponse, que nous avons obtenue lors d'une précédente enquête, est peu éclairante: soit le fabricant du médicament n'a pas demandé l'admission du petit emballage dans la LS, soit l'OFSP l'a refusée, par exemple s'il considère que la quantité est inappropriée pour la durée normale d'un traitement. Mais, secret professionnel oblige, impossible de savoir laquelle des deux raisons est la bonne...

Toujours est-il que Michel Devalloné se retrouve avec un traitement à sa charge, quand bien même il a été prescrit par son médecin. Et il n'a, finalement, qu'une solution pour rentrer dans ses frais: se retourner contre le pharmacien, qui aurait dû l'informer que la boîte de 40 unités n'était pas remboursée. «Si le pharmacien ne le fait pas, conclut l'OFSP, il devra répondre du dommage subi par la personne assurée».

Christian Chevrolet