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Poisons quotidiens

Avant-propos

Perturbateurs endocriniens, pesticides, ad­di­tifs, polluants, etc. La liste est longue, presque sans fin. A l’heure actuelle, sur les quelque 143 000 substances en circulation dans le monde, seules 3000 d’entre elles ont été étudiées. Ainsi, les industriels empochent des bénéfices liés à l’explosion du marché chimique en commercialisant des produits aux mérites révolutionnaires, mais dont les effets secondaires sont payés «cash» par les systèmes de santé publique et, bien sûr, par les particuliers.

Comment mieux choisir les produits de notre quotidien? Cette question est régulièrement posée à la rédaction de Bon à Savoir. Nous y répondons partiellement en confiant à des laboratoires indépendants de l’industrie des produits aussi divers que variés. En publiant trois à quatre tests par mois, nous tentons d’éclairer les consommateurs sur les meilleurs choix en termes de qualité, de contenu, mais aussi d’efficacité. A quoi bon, en effet, acheter un produit sain s’il n’est pas efficace? De même, pourquoi se risquer à acheter un produit contenant des toxiques alors que d’autres qui en sont exempts sont tout aussi efficaces?

Au-delà de ces indicateurs, nous souhaitions confier à nos fidèles lecteurs une enquête plus approfondie sur les poisons qui nous entourent et entrent dans notre corps. Tel est précisément l’objectif du dossier pratique que vous tenez dans vos mains. Les résultats de cette enquête journalistique, confiée à Annick Chevillot, sont édifiants. Elle révèle pourquoi les DJA (doses journalières acceptables) et les LMR (limites maximales de résidus) sont des normes obsolètes, sans légitimité scientifique, et pourtant utilisées à large échelle dans le monde entier. On y découvre aussi des aberrations comme celle du benzopyrène (un hydrocarbure cancérigène dérivé du pétrole), dont la présence est bien plus strictement limitée dans les pneus que dans les joujoux pour enfants! De même, on se demande pourquoi la Suisse n’interdit pas les phtalates dans les jouets, alors qu’ils le sont dans l’Union européenne. Mais l’Europe n’est toutefois pas un modèle en la matière puisqu’à l’heure actuelle, elle ne s’est toujours pas dotée d’une définition claire concernant les perturbateurs endocriniens. Or, sans définition, aucune législation n’est envisageable…

Comme l’indique le sous-titre de ce dossier pratique, notre objectif est, bien sûr, de permettre au lecteur d’identifier et de décrypter les «poisons quotidiens», mais également de les éviter. Selon le même objectif qui fait la force du magazine Bon à Savoir, ce guide ne cherche pas à semer la crainte, mais à donner des clés aux consommateurs, afin qu’ils soient en mesure de faire des choix éclairés et d’agir en connaissance de cause, au quotidien.

Nous espérons que vous le lirez dans le même esprit. Et, surtout, n’oubliez pas, que le pouvoir des consommateurs avertis – ­exprimé avec leur caddie ou dans le secret des urnes – ne peut plus être négligé!

Zeynep Ersan Berdoz