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Les téléphones défient les appareils photo

Trois des téléphones portables testés, vendus au-dessous de 500 fr., prennent des photos de qualité satisfaisante, même lorsqu’elles sont agrandies. Mais aucun ne mérite la mention «bon».

Après la folie des SMS, voici celle des MMS, ces messages permettant d’envoyer et de recevoir des images avec un téléphone mobile. Du coup, les ventes mondiales de portables équipés d’un appareil photo viennent de dépasser celles des appareils photo numériques.
Bon à Savoir et l’émission On en parle de la Radio Suisse Romande, ont voulu vérifier si la qualité des appareils, pourvus de la technologie MMS (Multimedia Message System), était à la hauteur de cet engouement.Pour cela, trois experts, Martine Dutruit et José Crespo, photographes de notre rédaction, ainsi que Thierry Fumey, enseignant à l’Ecole de photographie de Vevey, ont comparé les performances de sept appareils, aussi appelés «photophones».
Constat général: les appareils photo numériques n’ont pas encore à craindre pour leur avenir, puisqu’aucun portable n’a été jugé bon. Mais la qualité des prises de vue de certains téléphones a tout de même surpris les experts photographes.

Phases du test

>Les appareils
Le test a porté sur la qualité des images et sur la facilité d’utilisation de sept appareils des marques les plus vendues, et coûtant moins de 500 fr.
Trois des sept appareils photo étaient intégrés aux portables. Tous ces téléphones étaient disponibles (et encore fabriqués) en octobre dernier. Deux mêmes sujets – un portrait et un paysage – ont été photographiés avec chaque appareil. Les clichés* ont ensuite été transférés sur ordinateur.

>Qualité de l’image
Les experts ont comparé les prises de vue sur trois supports différents et ont ainsi évalué:
¬ la qualité des images sur l’écran de l’ordinateur;
¬ la qualité des clichés, une fois imprimés sur papier photo (sur imprimante à jet d’encre standard);
¬ la qualité de l’affichage des images. Pour cela, la même photo a été affichée sur chacun des appareils testés.
>Facilité d’utilisation
Cette partie du comparatif a porté sur deux aspects:
¬ La facilité de prise de vue a été déterminée en comptant le nombre de manipulations à effectuer jusqu’à ce que la photo s’affiche sur l’écran (nombre de clics et de branchements nécessaires pour prendre une photo).
¬ Les moyens de transfert d’images, toujours plus perfectionnés, dont les appareils sont équipés.

Du bon, du mauvais

Une fois affichées sur l’écran d’ordinateur, les photos sont moins bonnes qu’imprimées. Si sur l’écran leur qualité paraît plus uniforme, on constate de nettes disparités sur papier.
Les photographes ont également relevé une nette différence entre les portraits et les paysages. S’ils ont apprécié certaines des photos prises de près (même agrandies au format standard de 10x15 cm),
les panoramas étaient tous plus flous. Rien d’étonnant, car les petits capteurs des mobiles ont des capacités de visée assez restreintes. Les fabricants règlent donc leurs objectifs sur une distance courte, permettant l’utilisation la plus répandue: la photographie d’autres personnes.
>Qualité des images: alors que Siemens privilégie l’aspect photographique sur les modèles M55 et S55, Motorola et Sony Ericsson (pour le T610) semblent miser sur la bonne qualité de l’affichage des images sur les écrans des portables. C’est donc au consommateur de choisir son appareil en fonction de l’utilisation qu’il compte en faire.
La Nokia Fun Camera tolère mal la luminosité: les zones blanches sont voilées d’une couleur verdâtre sur ses clichés. Quant aux Sony Ericsson T610 et Siemens MC60, tant leurs portraits que leurs paysages étaient flous. Un défaut qui ressort beaucoup plus sur papier que sur l’écran de l’ordinateur.

>Equipement: le Sony Ericsson T610 et le Siemens S55 disposent des fonctions d’envoi par e-mail, de l’infra-rouge et du Bluetooth (pour transmettre des données d’un portable à un autre, ou à un ordinateur, etc., sans fil). Le Motorola E365 peut être équipé d’accessoires permettant l’utilisation de ces technologies.
>Facilité d’emploi: les modèles les plus simples à utiliser sont le Sony Ericsson T610 et le Motorola E365. Tous deux disposent d’un bouton spécial pour déclencher la prise de vue, sans
devoir passer par différents menus du téléphone.
Le plus ardu est incontestablement le Nokia 3100: il faut d’abord prendre la photo avec la Fun Camera, puis brancher cette dernière sur le téléphone pour «télécharger» l’image. De plus, le modèle 3100 n’envoie pas de gros fichiers. Les photos à haute définition de la Fun Camera (utilisable avec des téléphones plus performants) sont parfois trop lourdes et restent «coincées» sur le portable. Quant aux autres modèles de photophones nécessitant un capteur d’image séparé, ils sont d’emploi plus pratique.
Réagissant aux résultats de notre comparatif, Roland Bischofberger, porte-parole de Siemens, justifie la mauvaise note des écrans des M55
et S55 par le fait qu’ils appartiennent à la première génération d’écrans couleur, moins performants. Et le MC60 n’a pas été conçu avec un capteur haute qualité afin de garder son prix accessible au grand public.
Pour le E365, Irène Nanculaf, responsable marketing de Motorola, reconnaît que la navigation dans les menus n’est pas aisée, mais assure que les modèles à venir
seront plus conviviaux.
Rappelons que ce test était ciblé sur les performances photographiques, mais que d’autres critères peuvent être pris en compte à l’achat d’un photophone, selon l’utilisation qu’on souhaite en
faire: capacité de stockage d’images, autonomie de la batterie, capteur intégré au téléphone, etc. Sans parler d’un autre critère important: le prix des appareils!
Yves-Alain Cornu
*Comparez les photos prises pour le test sur notre site internet: www.bonasavoir.ch