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Une question de santé publique

Le Nutri-Score enflamme les esprits en Europe. Ce système d’étiquetage est violemment attaqué par le lobby des industriels, qui agite le spectre de la stigmatisation des produits traditionnels. Ceux-ci seraient systématiquement et injustement mal notés. Qu’en est-il réellement?

Pour le savoir, le magazine UFC-Que Choisir a mené une vaste enquête sur 588 produits. Résultat: deux tiers des produits alimentaires régionaux français sont bien notés par le Nutri-Score, avec un score A, B ou C. Parmi les 120 produits notés A ou B, environ un tiers sont logiquement des fruits et des légumes. Certes, certaines spécialités, comme les fromages et les charcuteries, écopent de notes défavorables du fait de leurs teneurs élevées en gras et en sel.

En Suisse aussi, le Nutri-Score ne fait pas que des heureux. L’Interprofession du Gruyère, notamment, a qualifié le logo de «fausse bonne idée». Contrairement à un produit transformé, un produit AOP ne peut pas changer de recette pour avoir une note plus favorable, fustige-t-elle.

Si les labels AOP/IGP garantissent l’origine d’un aliment et le respect d’un cahier des charges, selon un savoir-faire reconnu, ils n’intègrent pas, dans leur définition, la notion de qualité nutritionnelle. Un D ou un E sur un fromage ou une charcuterie ne dit pas qu’ils ne doivent pas être consommés, simplement qu’ils doivent l’être en quantité limitée. Le Nutri-Score ne fait que traduire, sous une forme simple et compréhensible, la réalité de leur composition, caractérisée par une forte teneur en graisse, en sel et par un apport calorique élevé.

Comme tout système simplifié, le Nutri-Score n’est certes pas parfait et ne résout pas la problématique des produits transformés. Il n’est pas non plus un substitut à la pyramide alimentaire. Il n’en demeure pas moins que c’est un outil précieux, permettant une comparaison rapide de produits similaires. Une fois de plus, la santé publique est confrontée à la puissance des intérêts économiques. Au final, c’est l’intérêt et la santé des consommateurs qui doivent primer.

Alexandre Beuchat