Restez un consommateur averti et profitez de nos avantages abonnés
Pourquoi pas
Non merci
Panier
x
Le panier est vide

Edito: Le mystère du juste prix

Qui ne connaît pas ce vertige devant le rayonnage d’un supermarché? Des dizaines de références pour un même produit, des linéaires de yaourts ou de jambons préemballés, de chips ou de jus de fruits. Liste de courses à la main, notre choix se joue donc sur le prix, la qualité, la marque, parfois un label.

Mais est-on bien sûrs que ces produits sont si différents les uns des autres? Pas toujours. Comme le révèle notre enquête (lire ici), bon nombre de produits contiennent non seulement les mêmes ingrédients, mais proviennent aussi des mêmes fabricants. C’est, par exemple, le cas du fameux jus de pommes dilué, le Schorle, qui se décline pour toutes les bourses. Dans sa version haut de gamme, il affiche la marque Ramseier, mais on le trouve également sous le nom de Freeway chez Lidl ou dans la ligne bon marché Prix Garantie de Coop. Ce que l’on ignore, c’est que tous les trois sortent d’une seule usine: celle de Ramseier. Les prix? Pratiquement du simple au double. Même constat pour la demi-crème de chez Emmi, vendue sous son propre nom dans diverses enseignes, mais également frappée du logo Qualité & Prix chez Coop.

Si le secret est si bien gardé, c’est que personne, dans cette chaîne de distribution, n’a intérêt à ce que le consommateur réalise que des aliments bon marché proviennent des mêmes lignes de fabrication que les produits de marques. En particulier parce que les marges bénéficiaires sur les grandes marques sont plus élevées.

Pour dissimuler cette réalité, les distributeurs recourent à diverses astuces, comme modifier le nom d’un ingrédient dans la composition (carraghénane au lieu de E407, par exemple) ou inscrire sur l’emballage la marque d’une filiale de l’entreprise-mère, comme le fait Lidl sur ses paquets de bâtonnets aux noisettes en mentionnant BiscQuality plutôt que Kambly.

Dans la même logique, Migros remplace de plus en plus ses fabrications maison par des marques (lire ici). L’Eimalzin se fait plus rare dans les succursales au profit de l’Ovomaltine, plus cher, tout comme les mini tampons Molfina chassés par les o.b., près de trois fois plus coûteux.

Retrouver un même produit à des prix différents, c’est également ce qui nous est arrivé en comparant des aliments bio de qualité similaire dans différents supermarchés. Les écarts de prix atteignent jusqu’à 50% (lire ici).

La leçon à tirer de ce manque de transparence organisé? Une fois encore, c’est à nous, consommateurs, qu’il revient de rester vigilants et de chercher le juste prix de ce que nous achetons.

Pierre-Yves Muller
Rédacteur en chef