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Du plastique même dans les produits suisses

Sel de table Les microplastiques se retrouvent aussi dans les aliments. Les experts considèrent les concentrations mesurées comme élevées.

Un gramme de sel peut contenir jusqu’à 38 particules de microplastique, montre notre test. Un laboratoire spécialisé a analysé six sels de cuisine. La part de plastique par kilo va de 920 particules dans le sel de mer grec de Migros Sélection à près de 38 000 dans le Fleur de Sel d’Ibiza. Même le sel de table suisse Jurasel et le Sel des Alpes de Bex (VD), fabriqués par les Salines Suisses, étaient contaminés.

La proportion de plastique est qualifiée de «moyenne à élevée» par le laboratoire. La plupart des particules mesuraient entre 6 et 100 micromètres (0,006 à 0,1 millimètre). Selon l’Autorité européenne de sécurité des aliments, ces substances peuvent pénétrer dans les intestins et s’accumuler dans le corps.

Cinq sortes de plastique

«Les teneurs sont élevées par rapport aux données publiées précédemment», estime Joëlle Rüegg, écotoxicologue à l’Université d’Uppsala, en Suède. On sait que les milieux marins sont fortement pollués par les plastiques. Il est en revanche étonnant que les sels gemmes, extraits des mines, contiennent autant, voire plus de microplastiques que les sels marins, souligne-t-elle. Ces impuretés peuvent provenir de l’extraction et du traitement, par exemple d’appareils contenant des matières plastiques.

Le laboratoire a trouvé cinq sortes de plastiques. Les échantillons étaient le plus contaminés par le polypropylène. L’industrie l’utilise notamment pour les emballages ou les tuyaux. Du PET a également été retrouvé dans la moitié des produits.

Aucune limite légale fixée

Ces particules peuvent libérer des substances chimiques toxiques dans l’organisme. Le laboratoire a, par exemple, trouvé du polyamide dans le sel de mer contenant de l’iode. Des oligomères peuvent s’en détacher. Ils sont soupçonnés de nuire au foie et à la thyroïde. Les microplastiques peuvent également absorber la dioxine ou les métaux lourds de l’environnement et les introduire dans le corps.

L’Office fédéral de la sécurité alimentaire (OSAV) ne voit aucun risque pour la santé. Aucune valeur maximale n’est fixée pour les microplastiques dans les aliments. Contactées, les Salines Suisses expliquent que, au cours des dernières décennies, des matériaux, tels que le métal, le bois et le verre, ont été remplacés par des matières plastiques. Le potentiel de contamination est donc accru. Le fabricant de la Fleur de sel d’Ibiza, le produit le plus contaminé du lot, affirme que les résultats de ses propres tests ont toujours été normaux.

Sabine Rindlisbacher / ab