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Des glaces contaminées à l’oxyde d’éthylène

SCANDALE ALIMENTAIRE Des glaces Bounty, Snickers et Nuii, parmi d’autres, contiennent de l’oxyde d’éthylène cancérigène. Cette contamination a conduit à de nombreux rappels de produits dans l’UE. Les consommateurs suisses n’ont pas été informés.

Parti du sésame, le scandale des aliments traités à l’oxyde d’éthylène, un pesticide cancérigène, s’étend aux glaces industrielles. Des analyses ont découvert une contamination à large échelle d’un additif communément utilisé dans leur fabrication, la gomme de caroube (E410), qui a une fonction épaississante. Le E412 (gomme de guar) est également concerné en moindre mesure.

Dans la foulée, des dizaines de produits ont été rappelés dans plusieurs pays européens, comme le montrent les listes des autorités françaises et luxembourgeoises. Parmi ces marchandises, de nombreuses glaces, dont plusieurs marques sont aussi disponibles en Suisse.

Dans notre pays, des lots de glaces Snickers, Bounty et Nuii ont été retirés du marché en juillet, nous ont appris Mars – fabricant de Snickers et Bounty – et Froneri, qui distribue notamment les glaces Nuii. Les consommateurs n’ont pas été informés, car la démarche n’a pas fait l’objet d’un rappel public. Pis, nos confrères de K-Tipp ont découvert, à la mi-août encore, dans un magasin Spar, des glaces qui n’auraient plus dû s’y trouver. Il se peut donc que certains consommateurs aient des produits contaminés dans leurs congélateurs. La Suisse n’a émis qu’un seul rappel public en lien avec le E410 contaminé, et il concernait un pesto de Lidl, indique l’Office fédéral de la sécurité alimentaire (OSAV).

Pourquoi pas de rappel? L’OSAV explique que les quantités d’oxyde d’éthylène en cause dans les glaces sont si faibles qu’elles ne sont pas considérées comme dangereuses pour la santé. Certes, on est loin des doses constatées dans le sésame indien. Malgré tout, les pays de l’UE ne partagent pas l’avis de la Suisse. Ils ont conclu, au terme d’une séance de crise sur le sujet en juillet, que cette substance représentait un risque potentiel à quel niveau que ce soit.

Pour les consommateurs suisses, il n’y a pas moyen de savoir exactement quels produits sont concernés. L’OSAV ne publie pas de liste des produits retirés du marché et renvoie aux fabricants pour tout renseignement. A noter que, en cas de simple retrait, les distributeurs ne sont pas tenus de rembourser les clients.

Sandra Porchet / Markus Fehlmann