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Le panier est vide

Quelque chose de pourri…

Avez-vous aussi remarqué qu’il y a souvent des vides dans les rayons des magasins d’alimentation? Des produits qui manquent? Avant, dans le monde anté-covid, je n’y prêtais guère attention. Y’avait plus, y’avait plus… on passe plus loin. Et puis, avec la pandémie, les gens faisaient des réserves et l’approvisionnement s’avérait compliqué. Mais quelque chose a changé. Maintenant, je me demande si les produits absents ont été retirés en catimini à cause d’une contamination à une quelconque substance interdite. C’est que les scandales alimentaires, comme celui de l’oxyde d’éthylène (lire «Des glaces contaminées à l’oxyde d’éthylène») ont une portée bien plus grande que les seules denrées qu’ils concernent. Ils nous font prendre conscience de l’étendue de l’utilisation d’ingrédients et de substances que nous n’imaginons même pas, dans les aliments produits à grande échelle. Après le sésame et ses dérivés, les épices, le E410 dans les glaces ou le pesto, quel autre article allons-nous découvrir être contaminé? Allons-nous même le découvrir? Ni les distributeurs, ni les fabricants, ni les autorités ne se pressent pour faire preuve de transparence envers les consommateurs.

Quelle est l’alternative? Revenir à des produits non transformés et locaux semble évident. Mais c’est plus facile sur le papier que dans le panier. Les petits magasins de produits régionaux pour bobos urbains affichent des prix auxquels les clients des grands distributeurs ne sont pas habitués. A passé 8 fr., la barquette de framboises devient soit un symbole de réussite sociale soit un achat politique. Même si, font remarquer les spécialistes, cela s’approche davantage du juste prix que les tarifs bradés de la grande distribution. S’abonner au panier du producteur du coin? Il ne faut pas avoir peur de faire preuve d’endurance avec les choux et les navets pendant l’hiver.

Reste un constat: nous, consommateurs, sommes pris dans un étau entre prix, choix et qualité des produits. On ne peut pas avoir les trois en même temps. La grande distribution nous a habitués au confort du choix et des prix avantageux, mais, souvent, au détriment de la qualité.


Sandra Porchet