Restez un consommateur averti et profitez de nos avantages abonnés
Pourquoi pas
Non merci
Panier
x
Le panier est vide

On peut éviter les pesticides!

melons et pastèques Pas moins de 15 pesticides différents ont été détectés dans notre échantillon de pastèques et de melons. Mais sept fruits n’en contiennent aucun.

Le recours à la chimie dans la culture des melons et des pastèques laisse des traces. C’est ce que montre notre test. Sur les 20 échantillons analysés, 13 se sont avérés contaminés par au moins un pesticide. Problématique, car ces substances peuvent traverser la peau du fruit ou contaminer la chair lors de la préparation.

Bon à Savoir a envoyé au laboratoire 20 de ces cucurbitacées achetées en mai. Nous avons porté notre choix sur une large palette de variétés, allant de la pastèque au Charentais, en passant par le melon jaune ou le Galia. La plupart des fruits proviennent d’Espagne, avec quelques représentants du Maroc ou encore du Honduras. Les experts ont analysé les fruits entiers, à la recherche de plus de 600 produits phytosanitaires.

Résultat: seuls sept échantillons sur les 20 ne contenaient pas de pesticides, dont les trois fruits bio. Tous les autres présentaient des résidus de substances problématiques. Les produits phytosanitaires les plus souvent détectés sont des fongicides.

Cancérigènes et perturbateurs endocriniens

Neuf fruits contenaient de l’acide phosphoreux. La plus grande quantité a été retrouvée sur le melon jaune de Spar en provenance du Costa Rica.

Six échantillons étaient contaminés par du propamocarbe. Selon la banque de données des pesticides de l’Université de Hertfordshire (UK), il s’agit d’un possible perturbateur endocrinien.

Trois melons présentaient des résidus de carbendazime et de bénomyl, deux substances interdites depuis longtemps en Europe et en Suisse. Pourtant, deux des melons contaminés sont européens (Italie et Espagne), le troisième provenant du Maroc. Il se peut que ces substances se trouvent encore dans les sols ou que des autorisations spéciales aient été émises. Ces produits peuvent modifier le matériel génétique et nuire à la fertilité. Ils sont en outre toxiques pour les abeilles et les oiseaux et ils polluent les eaux.

Les deux melons d’Aldi, en provenance du Honduras, étaient contaminés par de l’imazalil et les Charentais de la Migros originaires du Maroc par du thiophanate-méthyl. Ces deux substances sont considérées par les autorités étasuniennes comme probablement cancérigènes et très nuisibles pour la faune aquatique.

Pas de limite aux cocktails

Dans aucun des cas, les valeurs limites légales n’ont été dépassées. Néanmoins, Bon à Savoir note sévèrement leur présence dans les fruits, car l’Ordonnance fédérale ne fixe que des limites individuelles et aucune pour les quantités accumulées des différentes substances. Les effets de ces cocktails sur la santé humaine ne sont toujours pas connus.

Du côté des distributeurs, Coop, Denner et Aldi disent ne tolérer que, au maximum, quatre produits phytosanitaires sur les melons. Coop souligne que la présence de carbendazime et de bénomyl sur le melon de Qualité&Prix va à l’encontre des directives internes sur les pesticides. Les fournisseurs ont été contactés.

La saison des melons s’étend en Europe de la mi-mai à septembre. En Suisse, le climat est trop frais pour les cultiver. Les fruits vendus dans nos magasins proviennent principalement d’Espagne, d’Italie et de France. Ils sont transportés par camion.

Les fruits vendus, le reste de l’année, arrivent généralement par bateau d’outre-mer.

Chez soi, il ne faut pas les conserver trop au froid, mais à une température entre 8 et 13 degrés. Dans ces conditions, on peut les garder une à deux semaines. Attention à les tenir séparés des autres fruits. En effet, ils émettent de l’éthylène, qui accélère le mûrissement des autres fruits et légumes. Une fois coupé, recouvrir d’un film alimentaire et conserver au frigo jusqu’à deux jours.

Julia Wyss / sp