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Huile d’avocat: panacée ou produit de luxe?

Diététique Excellente d’un point de vue nutritionnel, cette huile s’avère malheureusement aussi chère que mauvaise pour l’environnement.

L’avocat figure parmi les fruits préférés des Suisses. Son importation a plus que triplé en dix ans! Il est apprécié pour son goût, mais aussi pour ses atouts santé. On l’utilise également dans l’alimentation végétalienne comme substitut aux œufs et au beurre dans certaines recettes, comme la mousse au chocolat-avocat. D’un point de vue nutritionnel, il présente de nombreux avantages, en premier lieu la qualité de ses graisses. Sa chair en contient environ 20%, une valeur qui varie en fonction de la maturité du fruit, des variétés et des saisons. Ces graisses sont en majorité des acides gras monoinsaturés, les mêmes que l’on trouve dans l’huile d’olive sous forme d’acide oléique, qui sont réputés pour diminuer le risque de maladies cardiovasculaires. L’avocat apporte également de la vitamine E aux propriétés antioxydantes, du potassium, utile contre l’hypertension, ainsi que de la vitamine B9, essentielle au développement du fœtus.

Depuis peu, un nouveau produit dérivé est proposé dans nos rayons: l’huile d’avocat. Elle est extraite de la chair du fruit, sans son noyau. Une huile de qualité est obtenue par pression à froid, ce qui permet de préserver la plupart des nutriments présents dans la chair. Pour cela, elle doit aussi être conservée au frais et à l’abri de la lumière.

Le profil en acides gras de l’huile d’avocat est très proche de celui de l’huile d’olive. Cependant, son prix varie entre 35 et 60 francs le litre, ce qui en fait un produit de luxe!

Son impact écologique joue également en sa défaveur: la culture de l’avocat nécessite beaucoup d’eau (1000 litres pour 1 kilo de fruits), ce qui pose problème dans les régions agricoles où l’eau est déjà rare. De plus, son succès phénoménal favorise la monoculture et la déforestation. Enfin, selon sa provenance (Kenya, Mexique, Nouvelle-Zélande…), l’huile d’avocat nécessite un transport générant un bilan carbone considérable. On privilégiera donc les huiles d’olive et de colza, de provenance plus locale et aux qualités nutritionnelles irréprochables.

Quant aux fruits eux-mêmes, l’idéal est de privilégier les avocats qui proviennent du bassin méditerranéen et de les consommer en hiver, leur saison de maturité.

Doris Favre, diététicienne diplômée