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12 Pinot Noirs: Croisade pour le pinot noir

Seul cépage planté dans toute la Suisse, qui en est ainsi le quatrième producteur mondial, le pinot noir est un étendard. Et il sait se faire valoir sur les rayons des supermarchés.

Trois fortes personnalités s’imposent en tête de notre test. Les deux premiers vins que nous avons classés ont même décroché un Vinea d’argent au Mondial du pinot noir à Sierre (lire l’encadré). D’abord, pour un bon rapport qualité-prix, le «Vin des Croisés» de la Cave des viticulteurs de Bonvillars. C’est un peu de baume sur les plaies de la coopérative des pieds (calcaires) du Jura vaudois, dont les membres ont dû éponger, ce printemps, les pertes financières. Juste derrière, le pinot noir des Caves du Château d’Auvernier, un des plus gros encaveurs du canton de Neuchâtel, où, fait saillant, le pinot noir a détrôné le chasselas, l’an passé. Atypique, dans un millésime (2003!) qui l’est aussi, voilà un vin moderne et costaud… Le plus cher aussi des douze dégustés.

Troisième, un vin souple et flatteur, de Vogel Vins, à Grandvaux, bon spécialiste vaudois de ce cépage. Cette bouteille est ornée de la plus belle étiquette désignée chaque année par un jury à Grandvaux, qui récompensait, l’an passé, une vignette d’Alain Depierraz.

Haut et bas de gammes
Ces trois vins ont été jugés, selon notre barème, «très bons». Au quatrième rang, le premier valaisan… Avec 1792 hectares de pinot, le Vieux-Pays devance pourtant le Pays de Vaud (507 ha), Zurich (364 ha), Schaffhouse (349 ha), les Grisons (332 ha) et Neuchâtel (288 ha). Mais, d’une part, le pinot valaisan constitue la base de la dôle et, d’autre part, il se négocie à un prix bas – entre 6,75 fr. en 2001 et 8 fr. en 2003 –, selon le Swiss Wine Index. De ce point de vue, le quatuor de tête figure dans le haut de gamme au rayon des supermarchés, puisque le prix de la majorité des vins rouges suisses en grandes surfaces (seulement 15% des ventes!) se situe entre 5,25 fr. et 9 fr. la bouteille.

Bourgogne en porte-à-faux
La Bourgogne, dans cette gamme de prix, fait de la figuration avec des vins de négociants qui n’ont pas honte d’afficher le mot «pinot noir» sur l’étiquette, quand bien même, cet été, les vignerons bourguignons ont dit leur opposition aux «vins de cépage» pour contrer les vins du «Nouveau-Monde».

La Bourgogne, attachée aux appellations d’origine contrôlée (AOC), aux «climats» et à la pyramide qualitative couronnée par les «grands crus», est aussi le berceau du pinot noir, cité depuis 1394. Un raisin délicat par définition: difficile à cultiver (les gros rendements lui sont fatals), sujet aux maladies (mildiou, oïdium, pourriture grise), ardu à vinifier (peu de couleur), à manier avec doigté dans l’élevage en fût. Mais quelle récompense pour qui sait s’y prendre!

Et le pinot noir appartient sans conteste à notre Vieux-Continent, avec la France en tête (25 000 ha, dont 10 000 en Bourgogne et autant en Champagne), devant l’Allemagne (7500 ha), la Suisse (4543 ha, plus de la moitié de la surface plantée en cépages rouges) et l’Italie (3500 ha). Exception remarquable: les Etats-Unis (5500 ha). A la Californie s’ajoute, plus au nord, l’Oregon, où le gourou de la critique, Robert Parker, est intéressé au domaine de son «brother-in-law» Michael Etzel, au bien nommé «Beaux Frères Vineyards».

Pour télécharger le tableau comparatif des vins, se référer à l'encadré.