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12 vins d'Alsace: L’image floue des vins d’Alsace

Plus vaste région française à produire des vins blancs secs et aromatiques, l’Alsace a affaire à la forte concurrence locale du chasselas, en Suisse. Le bilan de notre banc d’essai est en demi-teinte, pour des vins communs.

Selon les douanes françaises, en 2003, la Suisse a importé d’Alsace 90% de vins blancs. Le gewurztraminer vient en tête avec 74% des importations, devant le riesling, 11%, le pinot blanc 2% et 13% pour les neuf autres cépages autorisés en Alsace (dont le sylvaner et le chasselas, tous deux en perte de vitesse). A ras les rayons des grandes surfaces, la diversité est limitée: la plupart des magasins se contentent d’un riesling et d’un gewurz’ de la même maison, en l’occurrence des coopératives (elles sont dix-sept qui écoulent 35% de la production alsacienne). Pas étonnant donc de trouver groupés dans une fourchette étroite les mêmes élaborateurs. Les millésimes jouent aussi un rôle: 2001 était léger, friand; 2002 marqué par la pluie et la dilution et 2003 par la canicule, engendrant des vins lourds, parfois «améliorés» par ajout non de sucre (l’Alsace tolère la chaptalisation même pour ses grands crus – lire ci-contre), mais d’acide tartrique.

Son meilleur côté, l’Alsace le présente sous forme de carte postale. Une image d’Epinal qui prend tout son sens pour les Suisses: long de 100 km, de la frontière bâloise à Strasbourg, le coteau sous-vosgien égrène ses beaux villages et ses opulentes auberges, qui sont aussi, tels Riquewihr, Eguisheim ou Ribeauvillé, ses grands terroirs. Sur place, les Suisses achètent les meilleurs vins directement chez les producteurs (950 vignerons-encaveurs qui écoulent 22% de la production). De fait, l’importation des vins alsaciens en Suisse par les grands distributeurs n’a démarré qu’à partir de la libéralisation, en 2001.

Améliorer l’image
Sur ces dix dernières années, l’importation se situait plus souvent autour de 300 000 litres, avec une pointe à 500 000 litres en 1997 (pour une valeur de 3 millions de francs suisses). Depuis 2001, le volume est passé à 600 000 litres par an pour 4 millions de francs. Entre une clientèle de caves privées difficile à quantifier et des exportations encore faibles, Jean-Louis Vezien, le directeur du Comité interprofessionnel des vins d’Alsace, parle d’un marché suisse où «la vision n’est pas claire». Mais les Alsaciens ont débloqué un budget de 45 000 de nos francs, en 2004, pour améliorer leur image auprès des consommateurs suisses…

Etiquettes fantaisistes
L’image des vins d’Alsace est également floue parce qu’il est difficile de savoir ce qui se cache derrière l’étiquette, qui abuse souvent de noms pompeux sans signification qualitative (type «cuvée réservée»). Naguère secs, vifs et fruités, les blancs alsaciens sont devenus puissants, charpentés, voire demi-doux. Une législation va prochainement obliger les producteurs à préciser sur l’étiquette qu’un vin est «moelleux», quand son sucre résiduel dépasse une dizaine de grammes, en rapport avec l’acidité du vin. Mais les vignerons peuvent aussi récolter leurs raisins en deux temps: une vendange classique pour les vins standard et une plus tardive pour les vins liquoreux. «2004 se prête parfaitement à cet exercice, et nous avons émis des recommandations dans ce sens», assure Jean-Louis Vezien.

Pour télécharger le tableau comparatif des vins, se référer à l'encadré.