Restez un consommateur averti et profitez de nos avantages abonnés
Pourquoi pas
Non merci
Panier
x
Le panier est vide

12 vins blancs suisses: Chèque en blanc pour défauts divers

Comment expliquer que les vins blancs suisses gardent la cote malgré leur prix élevé? Il suffit de goûter aux vins blancs étrangers pour comprendre le choix des consommateurs.

Six vins satisfaisants pour six insatisfaisants. Notre test est clair: si l’on veut sortir des chemins battus du chasselas suisse, et des chardonnays et sauvignons en tout genre, gare à l’embardée! Pourtant, chaque grande surface propose une palette de blancs de toutes origines, à tous les prix. Pour ce test, la moyenne est de 6,90 francs (prix cumulé divisé par douze), soit exactement le prix moyen des vins blancs étrangers vendus en bouteilles (lire encadré).

Ni cépage ni terroir
Le seul vin qui tire son épingle du jeu est un torrontès, cépage du pied des Andes argentines, qui rappelle le viognier ou la petite arvine. Pourtant, le consommateur ne saurait se fier au cépage. Pour la moitié des flacons de ce test, la variété de raisin n’apparaît pas sur l’étiquette, mais parfois sur la contre-étiquette (le parellada sur le Vina Sol) ou se cache derrière l’appellation (l’Orvieto Classico est un assemblage où le banal trebbiano est souvent majoritaire). Quant à la réputation des pinots gris italiens, elle est reléguée par un «cousin» hongrois. Encore faut-il lire son étiquette… en italien, de A à Z. Une étiquette licite, parce que dans une des langues officielles suisses, même si les Magyars, eux, ne parlent pas l’italien, mais cultivent le pinot gris sur les bords du lac Balaton depuis sept siècles! Et le colombard? Un raisin blanc à grand rendement, destiné à être distillé pour l’armagnac et le cognac…

Faut-il alors se rabattre sur le terroir et sa législation, DOC (dénomination d’origine contrôlée) ou IGT (indication géographique typique)? Hélas, sur les six moins bien classés du test, tous sont italiens et munis d’une telle garantie de provenance. Mais pas de qualité!

Du bouchon et du soufre
Cette bérézina s’accompagne de deux constantes. D’abord, un mauvais bouchage des flacons: la capsule à vis s’avère un moindre mal, le synthétique aussi, meilleur que le liège colmaté, aggloméré ou 1 + 1 (du mauvais liège entre deux minces rondelles de «bon» liège). Un «détail» indécelable, pourtant trop souvent annonciateur de vins amers et secs.

Ensuite, une impression désagréable de vins soufrés. Tous sont dans les généreuses limites légales suisses (260 mg/litre de SO2 total pour les blancs et rosés secs, soit un bon quart de plus que pour les rouges). Comme l’explique le chimiste cantonal vaudois, Bernard Klein: «Les vins de petite qualité sont davantage soufrés pour éviter tout problème œnologique.» Au demeurant, rares sont les crus qui ne contiennent pas du tout de SO2, un antioxydant qu’on peut doser avec modération tout au long d’une vinification soignée.

Une précision de peu de portée
Dès maintenant apparaît sur des bouteilles importées la mention, désormais obligatoire en Europe qui suit ainsi une prescription américaine, «contient des sulfites». Les vins suisses s’y mettront dès la vendange de cette année 2005. Toutefois, cette mise en garde ne signale pas la teneur exacte en SO2 et ne fait aucune différence entre des vins soufrés, peu ou prou. Un avis sans portée générale, sauf à l’attention des allergiques au SO2. Qui savent, par douloureuse expérience, que le vin leur est interdit, tout comme les fruits secs.
Pierre Thomas

Pour télécharger le tableau comparatif des vins, se référer à l'encadré.