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Nutri-score: la léthargie de Coop et de Migros

ALIMENTATION Le label d’étiquetage nutritionnel fait toujours plus d’adeptes, en Europe, mais aussi en Suisse. Coop et Migros, continuent de faire la sourde oreille pour leurs produits de marques propres.

Le déploiement du Nutri-score s’accélère. Ce système d’étiquetage nutritionnel – soutenu par Bon à Savoir avec son application NutriScan – ne cesse de faire des émules. A l’instar de l’engagement de Danone, Nestlé a donné une impulsion majeure en annonçant, fin juin, son ralliement, alors que le géant de l’alimentation faisait partie des opposants historiques. D’autres industriels comme Findus ou Panzani se sont déjà engagés en faveur du système d’étiquetage.

Chez nos voisins, le Nutri-score gagne également du terrain pour simplifier la vie des consommateurs. Dernier épisode en date, l’Allemagne a rallié officiellement, fin septembre, le camp de ses partisans. En France, les lignes ont bougé à tous les étages. On en veut pour preuve l’engagement de la grande distribution pour le Nutri-score avec des enseignes comme Carrefour, Auchan, Casino, Intermarché ou Leclerc.

Frilosité ambiante…

En Suisse, un premier pas a été franchi par Aldi qui testera ce système sur certains produits de ses propres marques en 2020. Et les autres distributeurs dans tout ça? C’est le silence absolu. A l’image de Denner et de Manor, Coop et Migros se contentent de botter en touche. Ils n’ont pas souhaité répondre à nos questions, arguant que c’est la Communauté d’intérêt du commerce de détail (Cicds) qui les représente dans ce dossier.

Interpellée sur la question, la Cicds n’est guère plus loquace. Elle affirme «suivre de près» l’évolution du Nutri-score en Europe, en attendant notamment les résultats d’un étude qui sera menée par la France au printemps 2020 pour évaluer l’impact sur les consommateurs. Dans la même veine, la Fédération des industries alimentaires suisses (fial) se montre tout aussi frileuse, estimant que le Nutri-score simplifie trop la question complexe de la nutrition.

Impulsion fédérale

De son côté, l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) soutient son introduction sur une base facultative. Il estime qu’il peut servir de guide aux consommateurs et les aider à faire des choix en connaissance de cause. Il a d’ailleurs organisé trois tables rondes sur le sujet. Lors de la dernière réunion, seules des entreprises qui ont décidé ou qui envisagent d’introduire le Nutri-score étaient présentes: Nestlé, Danone, Aldi et l’entreprise fribourgeoise Bossy Céréales.

Pour enfoncer le clou, la Société suisse de nutrition (SSN) se montre également favorable à ce que les consommateurs puissent bénéficier d’une information «claire, simple, crédible et uniforme» pour faciliter leur choix. Elle voit donc d’un bon œil l’introduction du Nutri-score, espérant que la majorité des producteurs de denrées alimentaires l’adopte.

Pression sur les détaillants

En résumé, les fronts bougent partout pour s’accorder à dire que le Nutri-score est un outil précieux pour les consommateurs. Comme tout système simplifié, il n’est certes pas parfait et ne résout pas, par exemple, d’autres problématiques comme celle des produits ultratransformés. Toujours est-il qu’il incite l’industrie à revoir ses produits pour ne pas être pénalisée par un mauvais score. En France, par exemple, Intermarché a annoncé la modification de 900 recettes. Serait-ce cette difficile remise en question qui fait peur à nos grands distributeurs et leurs propres industries?

Alexandre Beuchat / yng