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Produits hyperprotéinés: aussi chers que risqués

Diététique Une nouvelle vague de produits enrichis en protéines a récemment envahi les rayons des supermarchés. Sans intérêt nutritionnel, ils présentent même des risques pour la santé.

La gamme des aliments «High Protein» est large: laits, yogourts, puddings, blancs d’œuf pur, pain, glaces, barres de céréales, pâtes, crackers, chips, etc. L’anglais est de rigueur pour cibler, entre autres, les jeunes adultes. Mais disons-le d’emblée, il s’agit d’une pure offensive marketing qui veut faire croire qu’un yogourt classique est moins intéressant que sa copie hyperprotéinée.

Des protéines à profusion

Le rôle des protéines est de construire notre organisme (muscles, peau, os, cheveux, etc.). Elles sont indispensables pour la croissance et le renouvellement de toutes nos cellules et participent aussi à la fabrication des anticorps, des hormones, des neurotransmetteurs, etc.

Tous sexes confondus, la référence pour un adulte est de 0,8 g par kilo de poids corporel. Une personne de 70 kg a donc besoin de 56 g de protéines par jour. En Suisse, nous sommes largement au-delà. L’apport moyen, en 2015, était de 111 g, de quoi assurer les besoins d’un individu de près de 140 kg! Bien entendu, il s’agit d’une moyenne. Certains groupes de la population ont des besoins accrus. C’est notamment le cas des femmes enceintes et allaitantes, des personnes âgées, des malades ou des sportifs.

Une composition sombre

La plupart des produits hyperprotéinés sont des aliments ultratransformés qui affichent une (trop) longue liste d’ingrédients et d’additifs. Les comparer avec les produits standard qu’ils «enrichissent» est édifiant. Voici quelques exemples ci-dessous.

Destinés aux consommateurs soucieux de leur alimentation, ces produits ne présentent aucune valeur nutritionnelle ajoutée. Au contraire, ils contribuent à l’apport en additifs alimentaires et multiplient les risques d’un effet cocktail dont on ignore l’ampleur des répercussions sur la santé. Non seulement la surconsommation de protéines n’apporte aucun bénéfice, mais elle surcharge le travail de filtration des reins, augmentant ainsi le risque de calculs rénaux.

Il y a mieux contre les carences

Le Dr Vittorio Giusti, spécialiste reconnu de l’obésité, met également en garde ceux qui croient qu’il suffit de manger des protéines et de faire 10 000 pas par jour pour faire du muscle. «La marche ne suffit pas. Si on n’active pas le muscle, le surplus de protéines représente un excès de calories qui sera stocké sous forme de graisse», déclarait-il dans un article paru en avril dernier dans Friday Magazine.

En réalité, ce sont surtout les personnes âgées et les malades qui peuvent être carencés en protéines, le plus souvent en raison de leur manque d’appétit: se nourrir insuffisamment, c’est aussi manger moins de protéines. Pour ces personnes, les produits «High Protein» ne sont pas la solution, car ils sont peu caloriques, contrairement aux suppléments nutritifs prescrits par un médecin après évaluation nutritionnelle. Suppléments qui ont l’avantage, en plus, d’être remboursés par l’assurance de base.

Doris Favre, diététicienne diplômée