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Sucre et édulcorants: gare à l’overdose!

Thés froids Leur teneur en sucre reste globalement élevée. Quant aux boissons édulcorées, pauvres en calories, elles entretiennent l’addiction au goût sucré.

Boisson désaltérante par excellence, le thé froid est à la mode. Les Suisses en sont très friands. Avec notre partenaire On en parle (RTS-La Première), nous avons cherché à comparer la teneur en sucre des thés froids de 5 dl disponibles dans les magasins Migros, Coop, Manor, Denner, Lidl et Aldi.

Première constatation, l’offre est pléthorique: on dénombre une soixantaine de variétés différentes! Aux traditionnels arômes de citron et de pêche ont succédé des saveurs plus exotiques. Les entreprises ont multiplié les lancements de produits, tentant de satisfaire une clientèle en quête d’une alternative plus saine aux sodas.

Bombe calorique

Or, les thés glacés continuent d’afficher une quantité de sucre élevée. Le tiers des produits en contiennent 7 g/100 ml ou plus. La palme revient à l’infusion pêche de Freeway vendue chez Lidl, avec 8,2 g. «Les boissons sucrées, comme les thés froids, doivent être consommées occasionnellement et ne doivent pas être à la base de l’hydratation», rappelle Nicoletta Bianchi, diététicienne au Service d'endocrinologie, diabétologie et métabolisme du CHUV.

Consommer des boissons sucrées augmente le risque de surpoids, d’obésité et de caries dentaires. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les sucres libres devraient constituer moins de 10% de l’apport énergétique quotidien, soit l’équivalent de 50 g. pour un adulte. Dans l’idéal, cette part devrait être inférieure à 5%. Rien qu’en buvant une bouteille du «mythique» Ice Tea de Migros, on atteint déjà 40 g. L’apport est vite important, car ces boissons sont rarement bues avec modération.

Addiction au goût sucré

Les déclinaisons édulcorées – light et zéro – ne constituent pas pour autant une alternative saine aux produits sucrés, même si l’industrie exploite à fond le potentiel des édulcorants. «Il s’agit d’une très mauvaise éducation au goût», avertit Nicoletta Bianchi. Ces additifs controversés entretiennent l’addiction au goût sucré. De plus, les personnes qui prennent de l’allégé compensent bien souvent, en consommant davantage ou en se rattrapant sur autre chose.

Aspartame, acésulfame K, sucralose, cyclamate: ces édulcorants sont issus de différents composés chimiques. Un cas est à part: les glycosides de stéviol, extraits de la plante stévia. D’origine naturelle, il s’agit toutefois d'un produit très transformé. D’un pouvoir sucrant 30 à 600 fois supérieur à celui du saccharose, ce sont des aliments «vides», car ils ne contiennent ni nutriment ni calorie. La tendance du marché est cependant à la réduction des quantités de sucre, soit en diversifiant la gamme de produits, soit en recourant aux édulcorants. Des grandes marques comme Lipton ou Fusetea (Coca-Cola) affichent ainsi la mention «pauvre en calories», la valeur énergétique ne dépassant pas 20 kcal/100 ml. Afin d’atteindre ce seuil, elles ont ajouté des édulcorants, ce qui leur permet de garder une saveur très sucrée.

Conserver sa clientèle

Certains thés froids sont plus recommandables. Ceux de Naturaplan, Volvic, Aproz ou Ramseier affichent, par exemple, une teneur en sucre réduite et sont exempts d’édulcorants. Mais, là encore, tout dépend de la quantité avalée. «L’éducation des enfants au goût doit se faire dès le plus jeune âge», insiste Nicoletta Bianchi.

Interrogés, les distributeurs mettent en avant la diversité de leur assortiment. En outre, ils affirment analyser régulièrement dans quelle mesure ils peuvent réduire la teneur en sucre, sans que la clientèle boude leurs produits.

Alexandre Beuchat