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20 salades en sachet: quand les pesticides s’en mêlent

salades en sachet Jusqu’à onze résidus de pesticides différents ont été retrouvés dans ces produits prêts à consommer. Seule une salade bio était totalement exempte de substances chimiques.

Arrivés sur les étals au milieu des années 90, les sachets de salades et d’autres légumes coupés et prélavés ont convaincu les consommateurs qui veulent gagner du temps. Mais cette commodité a un prix: jusqu’à 26 fr. le kilo pour le produit le plus cher de notre sélection, la Salade royale d’Anna’s Best, soit nettement plus que le coût de chaque ingrédient acheté séparément.

Ce mois-ci, nous nous sommes intéressés à la quantité de pesticides dans ces salades sous plastique provenant d’Espagne, d’Italie, de France et de Suisse. Nous avons chargé un laboratoire spécialisé de calculer le nombre de substances chimiques différentes dans chaque échantillon ainsi que leur teneur. Lorsqu’elle était inférieure à 10 microgrammes par kilo (0,01 mg/kg), le laboratoire a considéré qu’il ne s’agissait que de traces (voir tableau).

Même dans les plus chères

Les résultats ne sont pas brillants, puisque des pesticides ont été détectés dans dix-neuf des vingt produits testés. Seule la Salade mêlée de Migros Bio est irréprochable en la matière. Elle est suivie par cinq autres articles qui s’en tirent honorablement, puisque seules des traces non quantifiables de une à quatre substances chimiques ont été identifiées.

A l’inverse, trois emballages ont été considérés comme fortement contaminés, même si aucun ne dépasse les limites légales: le Bouquet de salade de Lidl, le mélange Back to the Roots vendu chez Denner et le Bouquet de salades de Betty Bossi acheté dans une succursale de Coop. En plus d’avoir une teneur en pesticides jugée «moyenne» par le laboratoire (entre 0,11 et 2 mg/kg), elles ont été pénalisées d’un rang et classées dans la catégorie «contamination haute», parce qu’elles renfermaient plus de trois pesticides différents dans des quantités mesurables. Même sanction pour la Delicatessa vendue chez Globus, qui passe de «faiblement contaminée» à «moyennement contaminée», car elle contient quatre pesticides (sans compter les traces d’un cinquième).

Autre enseignement de notre enquête, le prix ne joue aucun rôle, puisqu’on retrouve trois salades qui coûtent moins de 9 fr./kg dans les catégories «non contaminé» et «traces», mais aussi la plus chère du test, qui dépasse allégrement les 20 fr./kg.

Toxique pour les abeilles

Souvent appelés pudiquement «produits phytosanitaires» par les fabricants, les pesticides peuvent s’avérer nuisibles tant pour l’homme que pour l’environnement. Beaucoup sont considérés comme cancérigènes. Ils peuvent irriter la peau, porter atteinte aux organismes aquatiques et sont difficiles à dégrader, une fois dans les sols ou les eaux. Les experts du laboratoire ont notamment retrouvé fréquemment des fongicides dans les échantillons ainsi que plusieurs insecticides. Ces derniers sont aussi toxiques pour les abeilles et les
oiseaux.

Retrouver un cocktail de substances problématiques dans les fruits et les légumes n’est pas une surprise: nous en avions découvert jusqu’à huit différentes dans une des salades «lunch» en barquette testées dans le numéro de mai dernier (lire «Méli-mélo de microbes» sur bonasavoir.ch), ou encore neuf dans un thé vert lors de notre  enquête de novembre 2017 (lire «Cocktail de pesticides dans les sachets»). Records battus cette fois-ci, puisque le laboratoire en a détecté onze dans le mélange Back to the Roots de Denner.

Effet cocktail: ça bouge enfin

Pourtant, peu de recherches ont été faites sur la façon dont ces toxines réagissent les unes avec les autres. A l’heure actuelle, des valeurs limites n’ont été fixées que pour ces substances prises individuellement. Mais les choses pourraient changer, car l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) travaille sur un projet pilote d’analyse de l’«effet cocktail», soit le renforcement mutuel de l’effet des pesticides lorsqu’ils sont combinés. La méthode devrait être disponible dans trois ans environ.

Interpellés, Migros et Denner nous ont indiqué qu’ils suivent les directives de l’association Swiss Gap en matière de nombre de résidus de pesticides. Cette dernière considère que quatre à cinq résidus différents sont acceptables pour les salades – soit moins que le total retrouvé dans l’une de celles de Denner! De plus, signalons que Swiss Gap est une entité liée à l'industrie des fruits et des légumes. De leur côté, Lidl et Aldi annoncent qu’ils vont chercher à réduire la charge en pesticides de leurs produits.

Andreas Schildknecht / vic

Lire le bonus web: Pesticides Laver la salade ne résout rien

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