Restez un consommateur averti et profitez de nos avantages abonnés
Pourquoi pas
Non merci
Panier
x
Le panier est vide

Les ados dans le collimateur

energy drinks Boostées par un marketing redoutable, les boissons dites énergisantes sont associées au sport et à la jeunesse. Pourtant, ces boissons ne sont d’aucune utilité pour les sportifs. Elles peuvent surtout être dangereuses.

Boire une canette de 250 ml d’un energy drink (Red Bull, Monster Energy, etc.), c’est comme avaler, coup sur coup, deux espressos! Au-delà des doses maximales recommandées (lire encadré), les effets secondaires de la caféine apparaissent: troubles du sommeil, anxiété, irritabilité, hypertension, problèmes cardiovasculaires pouvant aller jusqu’à l’arrêt cardiaque. Or, les adolescents, qui représentent 68% des consommateurs de boissons dites énérgisantes (BDE) sont particulièrement exposés à ces risques. Surtout que leur prix (dès 45 ct. la canette) les rend très accessibles.

Ça masque l’ivresse

L’Agence nationale française de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) a recensé, entre 2009 et 2012, tous les incidents qui lui ont été signalés à la suite d’une consommation de BDE. Sur les 200 cas étudiés, 25 ont été jugés imputables à ces boissons de manière «très vraisemblable» ou «vraisembable». Les arrêts cardiaques seraient survenus chez des personnes génétiquement prédisposées qui ignoraient souvent cette prédisposition. Les problèmes cardiovasculaires seraient liés à la conjonction d’autres facteurs, comme le sport, l’alcool ou la prise de médicaments. L’agence française recommande donc d’éviter la consommation de BDE lors d’exercices physiques ou avec de l’alcool.

En Suisse, la mention «Ne pas mélanger avec de l’alcool» n’est même plus obligatoire depuis 2014! Pourtant, dans les soirées festives, les consommateurs cumulent deux facteurs aggravants: la danse et l’alcool, avec des cocktails composés d’alcool fort et d’energy drink. On sait que l’effet excitant de la caféine réduit l’action sédative de l’alcool, masque l’ivresse et donne un faux sentiment de maîtrise de soi. Les consommateurs sont enclins à boire davantage et plus longtemps, entraînant ainsi des comportements à risques.

En période d’examens, l’abus de BDE est une tout aussi mauvaise idée: la nervosité et la perturbation du sommeil (notamment profond) qui peuvent en découler ne sont pas les meilleurs alliés de l’étudiant. Dans les années 1990, la taurine a été montrée du doigt, car on ne connaissait pas ses effets. Aujourd’hui, cette substance est jugée sans danger.

Un concentré de sucre et d’additifs

Une canette de 250 ml apporte autant de sucre (30 g) qu’un soda, soit l’équivalent de sept morceaux de sucre! Pour rappel, l’OMS estime qu’on ne devrait pas dépasser 50 g par jour! La liste des ingrédients fait elle aussi frémir: en plus des arômes, on trouve entre cinq et neuf additifs. Les BDE les plus chargées sont les BDE «sans sucre», en raison des édulcorants artificiels introduits! On atteint des sommets avec le Monster Energy qui cumule trois additifs «à éviter absolument»: le sucralose (E955), l’acide benzoïque (E210), l’acide sorbique (E200). Sans parler du potentiel effet «cocktail» produit par leur interaction…

Pour l’heure, la Suisse est très laxiste, contrairement à des pays comme la Lituanie ou le Danemark qui ont interdit la vente des BDE aux moins de
18 ans. Les Anglais hésitent encore: 16 ou 18 ans? Enfin, aux Pays-Bas, ce sont les distributeurs qui ont pris les devants: Aldi et Lidl n’en vendent pas aux moins de 14 ans.

Doris Favre, diététicienne diplômée