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12 merlots suisses de supermarchés: Le Tessin titillé sur ses terres

dégustation Le merlot est le troisième cépage rouge le plus cultivé en Suisse. Et comme l’illustre notre dégustation, il n’y a pas que le vignoble tessinois qui réussisse à en tirer le meilleur pour des vins de grande diffusion.

Nul besoin d’être un as au jeu Taboo. A l’évocation des mots «vin» et «Tessin», même les plus amorphes s’empresseront de répondre: «Merlot»! C’est que l’histoire d’amour entre le Tessin et ce cépage commence à dater. Elle remonte au tout début du XXe siècle lorsque les vignes du canton ont été dévastées par le phylloxéra. Les vignerons locaux se tournèrent alors vers la région bordelaise pour tester le merlot. Un siècle plus tard, il règne sans partage en occupant 85% du vignoble tessinois!

L’honneur est sauf

Le cépage a trouvé une terre et un savoir-faire qui permettent de produire une poignée de très grands crus. Des nectars de haute couture qui rivalisent sans peine avec de prestigieux merlots étrangers, bordeaux compris. Mais qu’en est-il des vins vendus dans les supermarchés? C’est ce que nous avons voulu savoir en confiant sept bouteilles du millésime 2016 aux papilles déliées de notre jury. Et, pour pimenter l’exercice, cinq merlots suisses d’autres régions ont été glissés dans cette dégustation à l’aveugle.
L’honneur du Tessin est sauf. C’est bien l’un des siens qui a triomphé avec une excellente note finale de 16.4! Produit par la grande cave coopérative de Mendrisio, le Tenuta Montalbano a conquis l’ensemble du jury. «La bouche et le nez sont en parfaite adéquation. C’est un vin élégant et équilibré, avec une belle longueur. Une vraie réussite», s’émerveille Claire Mallet. «Il est excellent à boire aujourd’hui, tout en augurant un beau potentiel de garde», surenchérit René Roger.

Le Valais en embuscade

Pour celles et ceux qui en doutaient, le Valais ne fait pas du merlot pour amuser la galerie. En témoignent les deux bouteilles qui complètent le podium. Le dauphin, une sélection Baur’s Best de Lidl, déploie puissance et générosité: «C’est un vin riche avec de la matière et un équilibre réussi entre le fruit et l’acidité», apprécie Arnaud Scalbert.

En troisième position, le merlot du Syndicat de propriétaires de Conthey (VS) a des qualités assez proches. C’est un produit qui exprime de la générosité avec des notes de fruits bien mûrs. «L’expression aromatique est riche avec une bonne persistance en bouche», souligne Claudio De Giorgi. Un vin au boisé un brin marqué qui manifeste son intention de plaire au plus grand nombre.

Au pied du podium, le Merlot Sole est produit – comme le vainqueur – par la cave coopérative de Mendrisio. Il partage, avec la majorité de ses poursuivants, une légèreté qui tranche avec la générosité du trio de tête. C’est d’ailleurs une critique récurrente qui a été faite aux vins boutés hors du podium: une matière souvent trop maigre se traduisant notamment par un manque de corps et de relief.

Seul représentant vaudois, le merlot Empreinte de la Cave de La Côte n’a pas tenu la distance face à ses adversaires. Les dégustateurs ont pointé du doigt son amertume et sa finale astringente. Pas étonnant qu’il ferme la marche avec une note inférieure à 12 points. Le Merlot de la Cave du Tunnel, lui, a échappé au jugement de nos experts. La faute au fichu goût de bouchon (lire encadré) qui envahissait les deux bouteilles que nous avions à disposition!

Yves-Noël Grin