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Les DVD à n’importe quel prix

Les Suisses se ruent sur les DVD, sans toujours savoir s’ils paient le prix juste. Et pour cause: il règne dans ce domaine une joyeuse anarchie.

D’un point de vue qualitatif, un bon home cinema n’a plus grand-chose à envier aux salles traditionnelles, pour autant qu’on ait des voisins tolérants. Cela explique pourquoi les Suisses achètent des DVD à pleins paniers. En 2003, il s’est vendu 9,32 millions de supports vidéo, dont 90% de DVD, ces derniers enregistrant une hausse de 50% par rapport à 2002. La cassette, elle, se meurt, tandis que le CD musical coule doucement.

Le marché du DVD présente toutes les caractéristiques et les pièges du marché nouveau: à l’engouement d’un public enthousiaste, mais parfois naïf, répond une politique des prix résolument floue. Entre commerces en ligne et magasins, les différences de prix peuvent être spectaculaires – du simple au triple! –, les achats via l’internet n’étant d’ailleurs pas forcément meilleur marché (voir le tableau ci-dessus).

Artifices de marketing
Pour tout compliquer, les prix font un yo-yo de grande amplitude pour un seul et même film, selon qu’il s’agit d’une édition de base, d’une édition «collector» ou en-core «limitée». Alors, artifice de marketing, ou réel «plus»? «Les deux…» sourit Cédric Bourquin, responsable vidéo et DVD à la Fnac Suisse. Selon lui, ces déclinaisons d’un même produit «offrent une interactivité supplémentaire, des bonus plus ou moins intéressants, des versions audio remasterisées, des films commentés scène après scène par le réalisateur pour les cinéphiles ou encore des packagings spéciaux, tels que Terminator 3, vendu en édition très limitée». De fait, le coffret «Ultimate Design» de ce film coûte plus de 300 francs, et il est en rupture de stock…

Calculette obligatoire
On voit apparaître également un nouveau standard de qualité, dit «Superbit», qui double le débit moyen d’information vidéo et son. La qualité du rendu est excellente, mais pas nécessairement perceptible par le profane. La différence de prix, elle, est perceptible… Et on ne parle pas des suppléments cachés (gratuits, eux), ces Easter Eggs que l’industrie s’amuse à dissimuler dans les tréfonds des DVD.

(Pour les découvrir: http://www.dvdreview.com/eastereggs/)

Pour le cinéphile attentif à ne pas payer plus que de raison, la persévérance est la seule planche de salut. Il faut surfer sur les sites de vente en ligne, aller dans les magasins, comparer, attendre parfois: les DVD vieillissent de plus en plus vite, les prix baissent rapidement et, parfois, brusquement. De plus, comme les fournisseurs n’ont souvent pas de droits de retour, ils bradent des films commandés en quantités excessives – ce sont les «actions» qui tapissent les magasins d’un même film.

Des frais très variables
Sur le net, les prix apparaissent souvent comme très attractifs, mais il faut bien lire les conditions générales de vente pour pouvoir comparer valablement. amazon.fr et amazon.co.uk, par exemple, affichent sur leur site des prix hors taxes, alors que fnac.fr affiche des prix TTC, c’est-à-dire avec la lourde TVA française et des droits d’auteur. Ces taxes sont déduites du prix pour les acheteurs suisses.

Les frais de port et autre frais varient beaucoup d’un commerce en ligne à l’autre: amazon.co.uk est le moins gourmand, avec des frais de base de 4,40 fr. par envoi. amazon.fr facture 7,80 fr. par envoi et fnac.fr 13 fr. En revanche, CeDe.ch affiche des prix nets et ne facture pas de frais de port.

Avant de vous être livrés, vos DVD doivent obligatoirement être dédouanés et vous devez payer la TVA. Mais attention! La TVA frappe non seulement le disque, mais aussi les frais de port et les assurances. Il faut donc faire la somme de ces coûts avant de calculer la TVA (7.6%).

C’est tout? Pas encore… Le dédouanement est en principe gratuit, mais, si la facture dépasse 65 fr., La Poste vous réclame 10 fr. supplémentaires pour ses frais de dédouanement. A vous de calculer s’il vaut mieux grouper les achats ou, au contraire, multiplier les petites commandes.

Certes pratique, l’achat en ligne n’est donc pas forcément plus avantageux, une fois tous les frais additionnés. Pour le reste, au cinéphile de céder, ou non, aux sirènes et aux gadgets du marketing, parfois cher payé: le coffret Tex Avery en édition dite limitée dans une boîte en fer, se vendait aux alentours de 160 fr., et il fallait se battre pour le trouver. Aujourd’hui, les magasins sont inondés des mêmes DVD, mais dans un emboîtage en carton qui coûte 50 fr. Cela met le fer blanc au prix du platine, mais quand on aime…

Pour télécharger le tableau comparatif des produits, se référer à l'encadré. 

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