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Les petits épargnants sous la menace des taux négatifs

Comme si la hausse des frais bancaires ne suffisait pas (lire «Réduire ses frais reste possible»), les petits épargnants sont désormais menacés par les taux négatifs. De plus en plus d’instituts financiers répercutent les taux imposés par la Banque nationale suisse (BNS) depuis 2015. La Banque alternative suisse (BAS) a brisé un tabou en devenant le premier établissement à appliquer des taux négatifs sur presque tous ses comptes dès le premier franc.

La Banque alternative est un cas particulier en raison de son modèle d’affaires «durable». A l’exception de la BAS, les petits épargnants ne sont en règle générale pas encore affectés par le phénomène. Il n’est toutefois pas exclu que les taux négatifs puissent à l’avenir s’appliquer aussi à de plus petits montants. PostFinance et UBS ont ainsi récemment serré la vis. Depuis le 1er juillet, le bras financier de La Poste ponctionne un intérêt de 0,75% sur les avoirs qui dépassent 100 000 fr., pour autant que le patrimoine investi soit inférieur à 25 000 fr. Des seuils supérieurs s’appliquent aux clients en fonction des «actifs immobilisés»

Pour justifier cette décision, le géant jaune invoque les taux négatifs persistants et le fait qu’il n’a pas (encore) le droit d’octroyer des crédits et des hypothèques. La banque met à disposition des clients un calculateur en ligne sur son site web afin qu’ils puissent calculer l’éventuelle «commission sur avoirs», le terme utilisé pour éviter de parler de taux négatifs.

Ces frais sont calculés sur une base quotidienne et ils sont facturés à la fin du mois suivant. Par exemple, quelqu’un qui possède 200'000 fr. et qui n’a effectué aucun placement chez PostFinance dépasse ainsi le montant maximal à hauteur de 100 000 fr. Dans ce cas, ce client devra payer 62 fr. par mois au titre des taux négatifs, calcule le site de comparaison moneyland.ch.

Comment éviter les taux négatifs

On constate que les taux d’intérêt négatifs sont souvent utilisés comme argument pour convaincre les clients d’opter pour des solutions de placement et d’autres services bancaires plus rentables.  Les clients qui disposent de liquidités importantes et qui ne veulent pas investir dans les solutions de placement de PostFinance ont tout intérêt à se tourner vers une autre banque. Autre possibilité: transférer le montant dépassant la valeur seuil auprès d’un autre établissement afin d’éviter le taux négatif. Sachant que la garantie de dépôt bancaire est limitée à 100 000 fr., il est recommandé de ne pas mettre tous les œufs dans le même panier. Attention toutefois à ne pas multiplier les comptes, au risque d’entraîner une multiplication des frais de gestion.

Chez UBS, une commission de 0,75% est appliquée à partir de 250 000 fr. Là aussi, des seuils plus élevés peuvent s’appliquer en cas d’hypothèque et de placement. Credit Suisse applique pour sa part un taux de 0,75% à partir de 2 millions de fr. Plusieurs établissements pratiquent le cas par cas. Parmi les banques cantonales, par exemple, la plupart n’ont pas de seuil officiel. Interrogée sur sa pratique, la Banque cantonale vaudoise (BCV) informe qu’elle ne reporte pas sur les particuliers et les petites entreprises les taux négatifs, sauf en cas de situations d’arbitrage, c’est-à-dire quand des fonds sont rapatriés depuis d’autres établissements pour éviter le report de taux négatifs pratiqués par ceux-ci.

Raiffeisen Suisse applique la même politique. La banque recommande généralement d’appliquer des intérêts négatifs pour les personnes qui souhaitent déposer à court terme d’importantes sommes d’argent auprès de la banque. «Actuellement, sur nos quelque 3,5 millions de clients privés, moins de 1000 paient des intérêts négatifs», précise un porte-parole.

ab